6 mois de prison ferme pour l’agresseur des policiers de Saint-Pierre

Mardi soir les policiers interviennent au front de mer de Saint-Pierre pour une rixe l’opposant à deux camarades de boisson. Il est en sang après s’être fait casser deux bouteilles sur la tête. Il veut porter plainte, alors les policiers l’amènent d’abord à l’hôpital pour un certificat de non hospitalisation avant de l’amener au poste.
C’est lorsqu’il arrive au commissariat que la situation dégénère pour de bon. Alors qu'il est en état d’ivresse, les policiers veulent le mettre en cellule de dégrisement avant de prendre sa plainte. Ibrahim pense alors qu’il est mis en garde à vue et va disjoncter. Il ne comprend pas pourquoi ses agresseurs n’ont pas été interpellés.
Sur les images de vidéosurveillance, on le voit commencer à s’agiter en devenant agressif envers un agent. D’autres arrivent pour l’immobiliser, tout en lui demandant à plusieurs reprises de se calmer. Ils parviennent à le mettre en cellule de dégrisement et déposent plainte. L’un des agents est blessé aux côtes après que le jeune homme l’ait agrippé fortement.
Face aux juges, il ne cesse pas de s’excuser, étant prêt à se mettre à genoux pour cela. Il assure s’être agrippé au policier pour ne pas tomber la tête la première sur le bureau.
"Les policiers ont été extrêmement patients et conciliants. Heureusement que l’on a les vidéos avec le son qui font tomber ses accusations de violences policières, qui sont à la mode aujourd’hui. Du début à la fin, les policiers sont restés calmes et patients", souligne Me Lucie Kerachni qui représente quatre policiers qui se sont constitués partie civile.
Un avis partagé par la procureure. "Ce n’est pas un dossier atypique, c’est un dossier qui montre la difficulté du travail quotidien des policiers. La dernière vidéo serre le coeur, car on voit comment ils travaillent au quotidien et qu’ils se retrouvent souvent accusés" ajoute-t-elle avant de requérir 2 ans de prison ferme et une interdiction de territoire pour 5 ans.
Me Florence Journiac connaît son client depuis Mayotte. Après avoir rappelé son parcours de vie difficile où il s’est retrouvé à la rue à l’âge de 6 ans, elle va appuyer sur les éléments qui lui semblent contestables dans ce dossier. Elle affirme que les policiers voulaient le mettre en procédure pour état d’ébriété manifeste depuis le départ.
"Pourquoi il n’y a pas eu de visite du médecin légiste alors qu’il a un traumatisme crânien dû aux coups de bouteilles ? Lors d’une rixe, on interpelle tous ceux impliqués, on met tout ce beau monde en cellule de dégrisement et on les interroge le lendemain. Là, il n’y a même pas de procédure en cours", argue-t-elle.
Les arguments de la défense ont été entendus par le tribunal qui le relaxe pour les faits de violences. Il est condamné pour l’acte de rébellion et se voit condamné à un an de prison, 200 heures de travail d’intérêt général et doit payer 700 euros de dommages aux quatre parties civiles.


