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7963 SMS et 573 appels passés alors qu'il purge une interdiction de contact

Une femme séparée de son compagnon depuis 5 ans vit, depuis, un véritable calvaire. Estimant qu'elle lui appartient, il la harcèle au téléphone et va jusqu'à s'introduire chez elle par effraction. Même la menace de la prison et une interdiction de contact n'y ont rien fait, jusqu'à aujourd'hui.
Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 12 septembre 2022 à 17H00

Jean-Paul M. a la tête dure. Alors qu'il est séparé de sa compagne et mère de sa fille, il estime que, lui, n'en a pas fini. Déjà jugé pour des faits de harcèlement en mars dernier, ll écope alors de 6 mois de prison dont 2 mois avec sursis et devait voir le juge d'application des peines pour se voir poser un bracelet jeudi prochain. Sauf que le 8 septembre dernier, il entre par effraction chez son ex-compagne, vole son téléphone et saccage son appartement.

Elle appelle la police qui l'interpelle le lendemain et le place en garde à vue. L'enquête montre que le lendemain de sa condamnation de mars, donc sous interdiction de contact, il envoie déjà des textos et passe des appels à son ex. Depuis ce jour et jusqu'au 9 septembre, ce sont 7963 SMS et 579 appels malveillants qu'il a émis. 

"J'ai fait ça car j'estime que ce n'est pas fini", explique-t-il lors des auditions. "Maintenant, je me sens libéré de cette relation", ajoute le prévenu à l'audience. Tant mieux me direz vous ... mais pas de chance, il avait déjà dit ça en mars lors de son jugement lui rappelle la présidente qui l'avait jugé ce jour-là. "Ça fait 5 ans qu'elle galère pour se détacher de lui", assène la partie civile. "Il considère qu'elle est à lui. Elle ne se sent pas en sécurité, elle est à bout" ajoute la robe noire.

"Les faits font froid dans le dos. Il s'en est même pris à la chambre de son enfant. Plus de 7000 SMS, 570 appels et il commence dès le lendemain de sa condamnation. C'est la quatrième fois à l'encontre de sa compagne, le seul moyen de l'arrêter, c'est la détention", réplique le parquet qui requiert une peine de 2 ans de prison, la révocation du sursis en cours et le maintien en détention.   

"Il a des difficultés à tourner la page. Il était sous l'effet de l'alcool et regrette ce qu'il a fait. S'il n'avait pas bu, rien de tout cela ne ce serait produit. Il fait des efforts mais il a un vrai problème d'addiction à l'alcool", plaide la défense qui demande de la clémence et une peine mixte.

Avec 15 mentions à son casier judiciaire, le prévenu est condamné à 18 mois de prison dont 4 mois de sursis révoqués et reste en détention. Il risque aussi de voir les 4 mois de bracelet qu'il devait faire se transformer en prison ferme. 

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