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Condamné pour avoir immolé sa femme, il clame son innocence et sera rejugé

Les jurés d'Assises qui vont se pencher dans quelques mois sur cette tragique affaire auront-ils la même lecture que les magistrats de la cour criminelle qui viennent de condamner Sofienne Hajji à 15 ans de réclusion criminelle ? Ou bien croiront-ils à la thèse du suicide soutenue par l'accusé ?
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 7 septembre 2022 à 06H13

Le 29 août dernier, Sofienne Hajji, accusé d'avoir involontairement donné la mort à son épouse Bergerette Baltimor, était condamné à 15 ans de réclusion, criminelle et une interdiction définitive de territoire français. Il comparaissait devant cinq magistrats professionnels, une composition destinée à juger les crimes passibles de 20 ans de prison. 

Clamant son innocence depuis le début de cette tragédie, le Tunisien a interjeté appel de cette décision. Il comparaitra dans quelques mois devant le jury populaire de la cour d'Assises. 

Elle se marie en secret et s'isole peu à peu

En mai 2018, son épouse avait succombé à de graves brûlures. A l'issue d'une énième dispute de couple, Sofienne Hajji avait expliqué que Bergerette s'était renversé de l'alcool ménager sur le corps avant d'y mettre volontairement le feu. Un désir d'enfant non exaucé était, selon l'époux rencontré sur les réseaux sociaux, à l'origine de ce geste désespéré. Bergie Baltimor qui, selon son entourage, avait beaucoup changé depuis qu'elle avait rencontré cet homme et s'était mariée en secret en Tunisie et subissait probablement des violences psychologiques et physiques depuis que son époux était venu s'installer chez elle à St-Paul.

Selon plusieurs témoins qui connaissaient bien la victime, elle s'était progressivement isolée et se refermait brutalement lorsque la famille ou les proches tentaient d'en savoir plus pour lui apporter du soutien.

Lors de l'audience devant la cour criminelle, Sofienne Hajji, 37 ans, est apparu comme un homme froid et narcissique, livrant un discours comme "appris par coeur" sur les sentiments qu'il éprouvait sur son épouse.

Entre autres moments forts de l'audience criminelle,  le témoignage de sa seconde épouse rencontrée en métropole après le décès de Bergerette, victime, elle aussi, de violences conjugales. Des faits ayant valu à l'accusé d'être condamné. Les mots de cette seconde victime ont donné un aperçu de la personnalité de Sofienne Hajji, ce qui n'a certainement pas joué en sa faveur.

20 ans de réclusion avait été requis par l'avocat général ainsi qu'une interdiction définitive de territoire français, un fait suffisamment rare pour qu'il soit souligné.

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