Un jeune homme jugé pour des jets de galets en marge des manifestations lycéennes de Patu de Rosemont

Ce vendredi 9 octobre, un jeune homme était jugé pour des faits de violences en réunion sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Il a reconnu avoir jeté des galets aux abords du lycée Patu de Rosemont le lundi 5 octobre, en marge des manifestations lycéennes.
Impossible d’être passé à côté de l’actualité qui a secoué la France ces derniers jours. La colère des lycéens s’est traduite de bien des manières et, en marge des revendications, des heurts ont éclaté.
Illustration le 5 octobre dernier, aux alentours du lycée Patu de Rosemont. Dès 7 heures, un groupe de jeunes, pour la plupart cagoulés, jette des galets en direction de la gendarmerie. Plusieurs militaires sont touchés.
Peu après, une autre scène implique une patrouille de deux gendarmes, qui font face à un problème. Immobilisés dans leur véhicule, ils voient arriver un groupe de jeunes qui, là aussi, lancent des galets.
Identifié par un témoin, il reconnaît sa participation
Erwan* est un petit jeune d’à peine 18 ans, qui va être identifié par un témoin présent sur place ainsi que par quatre personnes. Convoqué à la gendarmerie, il s’y rend. Dans un premier temps, il explique s’être effectivement rendu sur place pour manifester à la suite d’un coup de fil de l’un de ses amis.
Quand les jets de galets ont commencé, Erwan aurait tenté de jouer le « pacificateur » pour essayer de calmer le jeu. Mais quand on le met face à des clichés où on le reconnaît clairement, il est bien obligé de reconnaître avoir participé aux heurts.
Primo-délinquant, mais même pas étudiant
À la barre du tribunal, Erwan réitère sa version selon laquelle il s’est bel et bien rendu au rassemblement du 5 octobre et a jeté des galets. Lui invoque une volonté de manifester, mais la présidente le reprend : « En quoi vous êtes impliqué ? Vous n’êtes même plus scolarisé ! » Réponse de l’intéressé : il se sentait concerné, étant un ancien élève de l’établissement.
Les gendarmes, parties civiles, décrivent une intervention particulièrement éprouvante. « C’est la première fois que j’ai eu peur pour ma vie », témoigne un militaire, tremblant. Il reproche au jeune homme de ne pas avoir présenté d’excuses. Il raconte qu’un premier galet est tombé sur le pare-brise du véhicule aux alentours de 7 heures, avant qu’un second projectile ne traverse la fenêtre et n’atteigne son épaule. Penché vers son collègue, le gendarme assure que ce simple geste « lui a sauvé la vie ».
La responsabilité personnelle
Le ministère public souligne la gravité des faits, estimant qu’ils portent atteinte « au pacte républicain ». Le parquet considère que la responsabilité du prévenu est pleinement engagée, malgré son absence d’antécédents judiciaires. Il requiert une peine d’emprisonnement avec sursis probatoire, 105 heures de travail d’intérêt général, l’indemnisation des victimes, une interdiction de porter une arme et une interdiction de paraître pendant un an à Saint-Benoît.
En défense, Me Louis Jeanne-Rose rappelle que la responsabilité pénale est personnelle. Selon lui, plusieurs scènes de violences se sont déroulées ce jour-là, à différents moments, et rien ne permet d’établir avec certitude que les galets lancés par son client ont atteint les victimes. Il souligne que le jeune homme reconnaît avoir participé à la deuxième altercation, mais pas à celle de 7 heures.
L’avocat plaide la clémence pour ce primo-délinquant, estimant que sa participation aux violences ne permet pas de lui imputer automatiquement l’ensemble des préjudices subis.
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Après délibération, le tribunal a décidé de relaxer Erwan pour une partie des faits (ceux de 7 heures), mais le condamne pour le reste à une peine de huit mois assortie d’un sursis probatoire, à 105 heures de travail d’intérêt général et à une interdiction de se rendre à Saint-Benoît pendant un an.
*prénom d'emprunt


