Les transporteurs veulent être entendus au cours de la "cellule logistique opérationnelle"

Cette initiative avait été saluée par Michel Allamèle bien qu'il soit resté sur ses gardes en attendant d'en savoir plus.
Avant cette réunion qui doit prendre place à la CCIR ce mercredi, le porte-parole de l’intersyndicale des routiers réunionnais regrette déjà qu’en tant qu’invité, sa plateforme ne soit pas tenue au courant de l’ordre du jour de cette première réunion. "Cela donne l’impression que la purée va être servie à des enfants. Ce temps est révolu", ajuste-t-il en espérant être bien plus associé au travail préparatoire à l'avenir.
Trois chantiers qui peuvent être lancés rapidement
Car le professionnel compte bien être force de proposition. La première proposition qu’il met dans la discussion est celle de poursuivre l’extraction d'andains dans les champs. Il y voit un triple intérêt : la possibilité de poursuivre immédiatement cette extraction, le fait qu’elle réponde à la raréfaction progressive des gravats mais aussi parce que ce procédé dégage de nouvelles surfaces cultivables au profit des agriculteurs.
"Comme on sait qu’il va y avoir un problème d’approvisionnement en matériaux pour les chantiers à venir, pourquoi ne pas continuer à prélever les andains et faire trois ou quatre zones de stockage dans les micro-régions et les transformer pour alimenter des chantiers futurs", propose-t-il.
Michel Allamèle imagine un deuxième projet dont la commande pourrait elle aussi ne pas être soumise à des procédures administratives très longues, c'est celui de l’enfouissement des réseaux d’électricité et de communication. "Prenons les devants pour qu’à chaque futur cyclone, il n’y ait plus de coupure d’électricité ou de téléphone", avise-t-il.
Enfin, le troisième chantier qui peut compenser la longue période de disette sans NRL est celui du remplacement des canalisations d’eau. "Je prends le seul exemple de la commune de Saint-Benoit dont 60% de l’eau potable traitée se retrouve perdue à cause de la vétusté des canalisations. Et ce sont les contribuables qui en paient l’addition finale."
"Toutes ces propositions sont utiles pour notre île. Les élus ne peuvent pas tout faire. Nous devons les soutenir pour la prospérité économique de notre île mais il faut aussi qu’ils comprennent qu’il faut composer avec ceux qui souhaitent faire avancer La Réunion. Ces propositions feront travailler un grand nombre de TPE/PME et rappelons que lorsqu’un chantier est lancé, ça crée autour nombre d’emplois indirects dans les commerces, camions-bar, vendeurs de pièces de camion et fait tourner les stations-service…. J’adresse d’ailleurs un clin d’oeil à Gérard Lebon qui a refusé que les entreprises bénéficient d’une remise de 15 centimes", ironise le gérant dont le budget carburant pèse énormément sur les comptes.
"Les chantiers vont sortir, mais quand ?"
Hormis le listing des projets qui seront présentés ce mercredi aux professionnels du secteur, l’autre point d’inquiétude demeure le calendrier de leur lancement.
"Tout le monde sait que les chantiers vont sortir, mais quand ? Le plus important sera de nous présenter le planning de démarrage. Aurons-nous le temps de faire patienter les huissiers, la banque, les organismes sociaux, fiscaux ?" s'inquiète-t-il déjà en fondant ses espoirs sur la compréhension des donneurs d’ordre. "Nous devons rester optimistes, grâce à l’effort de la Région, pour que des solutions d’urgence soient trouvées", ajoute-t-il.
Le 28 février, le préfet et la présidente de Région avaient estimé à 296 millions d’euros le montant global de ces nombreux petits chantiers. Dans cette fourchette très conséquente, combien de millions pourront être engagés dès cet exercice budgétaire 2022 ? Les professionnels du BTP en sauront plus ce mercredi.


