Entre l'Ephad institutionnel et l'Ephad conjugal...

...j'ai visité quotidiennement ma mère jusqu'à l'âge de 102ans en maison de retraite pour y être entrée sur ces deux jambes à 90 ans, et sur la fin pour être admise en section Ephad... encore qu'elle était presque autonome.. même si classée en Gr 3/4...car il y a une classification pour déterminer les aides, leurs natures et leurs montants..
C'est grâce à sa pugnacité et aidée par son fiston qu'elle a acquis ce statut lui apportant quelques attentions supplémentaires, tant physiquement elle ne paraissait pas.
On upgrade comme ça administrativement au fur et à mesure que la décrépitude physique s'installe.
Et que la bougie s'use.
Je me suis toujours posé la question de savoir s'il serait mieux de lui rendre visite dans un " Ephad conjugal" avec son vieux à côté s'il était encore là ou là où elle était. J'avoue que je n'ai jamais trouvé la bonne réponse .... et/ ou de façon définitive....le vrai problème c'est la vieillesse plus que l'endroit où l'on se trouve.
Une prison même dorée reste une prison..et à l'âge "ephadique" l'être est prisonnier de son corps.
Sauf que tout est relatif, l'humoriste ou l'optimiste faisant court dit aussi qu'il vaut mieux pleurer dans une BMW qu'à bicyclette.
Mais le second aspect focalise bien plus que le premier, parce que c'est matériel, c'est environnemental et c'est tendance que d'en parler... ça donne cours à l'imaginaire pour écrire, publier. Ça fait en tout cas détourner l'attention de l'humain dans sa véritable nature humaine.
Personne n'aime les naufrages, alors on évoque l'environnement hostile et on lui rend responsable du sinistre.
NB. Les p'tits vieux en Ephad conjugal font souvent l'objet de belles plaisanteries..
Le p'tit vieux qui demande à sa femme : " chérie.. c'est quand la dernière fois que tu as pris ton pied ?"
Et celle-ci de répondre" c'est hier, pour me faire les ongles.".
Vivre en EHPAD conjugal offre au moins les joies de la réplique et des réparties cinglantes.
En Ephad réel, peut être qu'elle aurait été protégée de ces questions aussi intrusives et de règlements de comptes en époux.
Qu'on en rit ou qu'on en pleure, tout ceci nous emmène bien loin du modèle tribal puis traditionnel comme il existe encore dans certaines contrées, là où la concentration liée à la sédentarité n'est pas parvenue à son paroxysme...
Comme parmi les peuplades nomades où le vieux se cache derrière un buisson pour mourir pour ne pas être une charge pour la caravane..et pour ne pas la ralentir.
L'humanité a beaucoup évolué.
(Quand la philosophie vient au secours de la biologie).


