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Pas de gestion du territoire : Nos élus persistent et signent

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 23 février 2022 à 11H12

Comment peut-on imaginer qu’un territoire, qui plus est, une ile, isolée au milieu de l’Océan Indien, soit gérée correctement par une multitude de ministères et d’administrations qui, on le comprend fort bien, ont d’autres chats à fouetter que les spécificités du 100ème département situé dans l’autre hémisphère et dont le climat et l’histoire ont peu de chose à voir avec le continent européen. Comment imaginer que les lois de ce vieux pays continental tempéré, soient adaptées au contexte climatique, culturel, économique, géographique et social de l’ile de La Réunion ? Il est fatal que des incompréhensions et donc des tensions, naissent régulièrement entre ce pouvoir si distant, géographiquement et culturellement et ce petit territoire du bout du Monde. La France a tout à gagner si elle permet à ce territoire de se développer, d’exploiter un potentiel fantastique mais qui, lui non plus, n’a rien à voir avec le potentiel d’une région européenne. Cerise sur le gâteau, la longue histoire de la France a généré une cascade de niveaux de compétences politiques et administratives, pour le moins complexe. Il existe trois niveaux de collectivités territoriales, les communes, les départements et les régions, sans compter les collectivités à statut particulier, les collectivités d'outre-mer, la Nouvelle-Calédonie, les  établissement public s, etc. C’est ce qu’on appelle pudiquement le millefeuille territorial. Ce type d’organisation est d’ailleurs très critiqué par certains spécialistes qui le trouvent compliqué, peu lisible et peu efficace. Pour toute action, pour toute entreprise, le B. A. BA de l’efficacité, c’est un centre unique de décision. Il peut y avoir mille collaborateurs mais la décision est unique et le nombre de décisions à prendre doit être compatible avec les capacités du décideur. Il y a malheureusement des évidences qui semblent nous échapper, des inefficacités et des pagailles que l’on a trop tendance à accepter avec un coupable fatalisme. Comment s’étonner ensuite de la pagaille dans les territoires et dans le Monde ? Comment s’étonner des tensions, des conflits perpétuels, des guerres ? Comment s’étonner qu’un Monde meilleur semble hors d’atteinte ?

Comme ailleurs, le problème posé à La Réunion est pourtant simple. Que veut-on faire de ce caillou, de ce territoire, de cette ile tropicale du bout du Monde : un espace invivable où les forts écrasent les faibles ? (autrement dit, la jungle, le contraire de la civilisation),  le terrain de jeu des fortunes locales ou internationales ? la destruction des grands équilibres naturels qui permettent la vie ? Je pense que tout honnête homme répondrait « non » à toutes ces questions. Alors, pourquoi faut-il malheureusement constater cette descente progressive aux enfers, cette pagaille économique, sociale, culturelle, écologique, inhumaine ?

Il serait simple, donc de décider, une fois pour toute d’enrayer ce cercle peu vertueux, de constater le désastre et d’imaginer le territoire que tous les Réunionnais souhaitent (probablement, une ile apaisée, protégée des mauvaises influences extérieures et intérieures, sereine, une ile où cohabitent avec intelligence la nature et les humains, un territoire où disparaitrait progressivement les inégalités les plus criantes, les plus inhumaines, les plus insupportables, un territoire, enfin où l’intérêt général est la loi qui s’impose à tous les intérêts particuliers).

Nous n’avons pas le choix. Tous les analystes un peu sérieux, savent bien que si nous continuons sur les trajectoires actuelles, cela nous mène à une augmentation de plus en plus insupportable des tensions économiques et sociales. On dit pudiquement que nous allons dans le mur, certains se résignent déjà à ce qu’ils nomment « l’apocalypse ». Ce parcours est-il digne de l’animal le plus intelligent de la planète, le seul capable de voir et de comprendre la globalité des choses, le seul capable de prendre le recul nécessaire permettant analyses et synthèses ?

François-Michel MAUGIS

http://www.assee.fr

Références, autres points de vue :
 

 

 

 

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