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Mafate au carrefour de l’histoire

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 17 décembre 2021 à 14H23

La tradition Mafataise et Réunionnaise, c’est le "marronnage" dans un riche écrin de nature vierge, sur les plus hauts plateaux de l’île entourés de montagnes inaccessibles aux noms évocateurs à la fois de la « Grande Ile » (MADAGASCAR) et du rayonnement intellectuel de l’Occidentalisation.

Emettre que les mafatais sont les descendants de marrons, c’est demeurer dans l’ignorance la plus totale (le fénoir réunionnais). Mieux vaut se terrer à MAFATE dans le silence  du KELVAL et laisser parler les montagnes: MAFATE signifie aussi «  silence »…

L’histoire de MAFATE se scinde en trois phases principales:
-    La première concerne la période de marronnage dès la colonisation de 1664.
-    La seconde période est celle de LEMARCHAND vers 1785 où de nombreuses familles s’installent, nécessitant une main d’œuvre importante pour les grands propriétaires de l’époque dont le dernier fut FLEURIÉ. Les patronymes que nous retrouvons dans les îlets viennent  en partie de cette période transitoire.
-    Le troisième épisode est celui des « Eaux et Forêts » devenue l’ « ONF » dont l’épopée régalienne commence vers 1950 en brûlant un grand nombre de cases dans MAFATE, ouvrant ainsi le cycle de la gestion des terres  domaniales et départemento - domaniales. Le premier directeur régional en fut M. MIGUET.

Une quatrième phase  doit venir s’ajouter à ce tournant de l’histoire de MAFATE qui a débuté en 2012 et qui constitue la période « géologique », disons « géopolitique » de MAFATE. Dans ce cadre authentique et idyllique planté comme un théâtre grec va se jouer le destin de ce cirque: Soit l’ultra urbanisation des îlets devant déboucher sur des lotissements implantés au sommet des montagnes, c’est à dire au niveau des îlets, soit la protection absolue des milieux naturels défendue par la Loi « ELAN ».

MAFATE, ce joyau naturel unique au coeur d’une île et d’un archipel, est symbole de la Liberté (le marronnage), de toutes les Libertés par son caractère universel; de la « réunion » de toutes les nations. MAFATE dévoile son rattachement profond à la France métropolitaine par la MARIANNE, montagne au bonnet phrygien, symbole magistral de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, ancrée au bout du monde mais aussi au coeur et au sommet de cette île.

MAFATE, ce joyau culturel, rentre maintenant dans sa phase d’émiettement, de démembrement des îlets et des concessions, car le schéma directeur d’aménagement des îlets est en fait un schéma de division des concessions des îlets avec quatre îlets pilotes, à savoir Roche-Plate, Marla, Aurère et Grand-Place, postés là comme une avant garde avant de s’étendre à tout le cirque.

La responsabilité, en grande partie, en revient à l’ONF qui a accumulé durant ces quarante dernières années une masse de problématiques sur plusieurs plans:
-    Démographie : par l’accession anormale et anarchique à des concessions et par le développement désordonné d’une population qui a évolué sous l’hégémonie de l’ONF car jusqu’à une certaine époque, les fonds étaient en effet abondants et les projets possibles encore.
-    Urbanisme: par la multiplication effrayante des concessions illégales de gites et de tables d’hôtes,
-    Tourisme: par la non-régulation touristique et le manque de maîtrise dans le développement de cette manne touristique de plus de 110 000 randonneurs par an qui polluent l’environnement,
Infrastructures:  pour son insuffisance cruciale concernant l’eau ( le stade de Manon des Sources est aujourd’hui bien dépassé car les sources se sont taries ) et concernant les poubelles au ramassage très onéreux et l’absence d’éducation en matière de tri sélectif (tout est mélangé dans des big bags à l’effigie de l’ONF !)
-    Niveau du Droit social: l’ONF s’est octroyée illégalement la gestion humaine, alors que les gardes forestiers n’ont pas de compétence en ce domaine.

Mais ce qu’il y a de plus inquiétant, c’est le non respect des procédures officielles pour l’obtention des contrats de concession où, à force de déjouer les règles fondamentales de base, cette instance a réussi à transformer les « bibles » que sont ces contrats de concession en simples grimoires terriers. Dans le cirque, ce qui était « paroles d’évangile » n’est plus alors qu’une simple rhétorique aux allures de pitrerie, voire de clownerie. Les envers du décor, cachés sous les apparences extérieures d’une politique de gestion et d’une politique politicienne, masquent en fait une véritable décadence.

MAFATE, havre de Paix qu’il faut absolument préserver, ne doit pas devenir un champ de bataille pour les promoteurs et les spéculateurs. Il est temps de se rassembler pour sauver MAFATE et sauver son mythe.

« La vie ne gravite pas autour de l’auteur de nouveaux bruits mais autour de celui qui a découvert de nouvelles valeurs ». Au sens littéral, cette citation est toujours d’actualité et plus encore dans un cirque où les rotations incessantes des hélicoptères produisant des nuisances sonores sont comme des autoroutes placés au dessus de nos têtes et où la division des concessions sous nos pieds agit comme un séisme.

Par quelle sorte de gestion a-t-on pu arriver à une telle catastrophe ?

 

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