Saint-Louis : La majorité déplore trouver encore "des cadavres dans les placards"

"Nous avons ouvert beaucoup de tiroirs avec des dossiers poussiéreux et trouvés des cadavres cachés dans les placards", s’ est étonnée la maire Juliana M’Doihoma. La comptabilité analytique, nouvellement mise en place, a mis au jour un passif de dépenses. Depuis 2013 jusqu’à 2019, la commune est redevable d’1,3 million d’euros de forfait communal à l’école catholique de Saint-Joseph de Cluny.
La commune n’a pas non plus réglé ses cotisations sociales de décembre 2016 à mars 2020. Un courrier de la CGSS a été envoyé en ce sens le 3 septembre dernier. Une dette d’1,2 million d’euros payée début octobre. En revanche, des majorations de retard de plus de 462.000 euros sont encore à prendre en compte. Une demande d’exonération sur les majorations va être faite mais régler les charges sociales apparait comme "la base" de toutes gestions, a piqué l’édile.
Les irrégularités financières concernent également les recettes dont les travaux effectués en régie. Prévus à 1,5 million d’euros, ils ont été "jusqu’alors surdimensionnés et doivent être ramenés à 900.000 euros", a indiqué la majorité.
La finalité de ces irrégularités est de "gonfler les résultats" pour trouver l’équilibre affiché par la commune en 2018 , a avancé comme explication Juliana M’Doihoma.
Autant de "négligences préjudiciables" au budget de la collectivité, a pointé l’édile. "Des réajustements ont dû être effectués dans le cadre du budget supplémentaire 2021", a ainsi annoncé la maire. Une partie de l’excédent de fonctionnement devra être mobilisé pour ainsi solder le passif. "Je préfère utiliser nos économies pour tout solder en 2021 et repartir à neuf dès 2022", a assumé l’édile. La capacité d’épargne pour cette année 2021 s’en trouve ainsi affectée mais les travaux prévus dont ceux de l’école ZAC Avenir vont se poursuivre.
La délibération sur le budget supplémentaire 2021 a été présentée au conseil municipal et les explications données aux élus ont suscité des réactions de l’opposition. Claude Hoarau, ancien maire, a tenu à rappeler que tous les conseils municipaux revotent les budgets à la lumière de nouveaux éléments. "Il y a correction et correction", a-t-il insisté, soulignant également la différence de 600 000 sur l’excédent en raison "d’une grande légèreté dans l’appréciation des travaux faits en régie".
Sur la question de l’école catholique, "nous avons toujours utilisée de un peu de cette marge-là en laissant courir ce que nous devions à l’école catholique. Je vous garantis madame que votre prédécesseur paiera des choses que vous n’avez pas payées. C’est la règle, c’est comme ça que ça fonctionne", fait noter Claude Hoarau. "Où est la transparence ? Où est la sincérité quand on peut être amené à payer des sommes à des personnels et que l’on ne les inscrit pas", a interrogé l'élu de l'opposition.
Cyrille Hamilcaro s'est également abstenu de voter l'affaire, pointant que Juliana M'Doihoma faisait partie de cette ancienne majorité.


