"Nos petits soins", l’association qui veut embellir la vie des petits malades

Il y a derrière l’association "Nos petits soins" une histoire aussi belle que difficile. Une de ces histoires dont on s’inspire pour écrire des films ou des romans. Cette histoire, c’est celle de deux femmes souhaitant à présent l’écrire au futur pour oublier un passé assez imparfait.
Comme énormément de personnes, la crise sanitaire a été un moment de remise en question pour Mélodie Perret et Claire Audrey. Les deux amies se sont questionnées sur le sens qu’elles voulaient donner à leur vie. Chacune d’entre elles ressentait le besoin de contribuer à quelque chose. Elles savaient qu’elles devaient se diriger vers l’enfance, sans vraiment savoir quoi faire.
Un choix évident pour Claire qui a malheureusement été confrontée à un deuil périnatal il y a quelque années. De son côté, Mélodie rencontre également la souffrance dans la maladie d’un enfant dans son entourage. "Toutes nos idées ont cheminé comme ceci et on s’est dit : on a envie de contribuer, alors pourquoi pas avec les enfants dans les hôpitaux", explique Claire.
"Les accompagner dans le chemin de la guérison"
Si l’idée d’aider les enfants malades fut instinctive, trouver comment faire le fut beaucoup moins. Après plusieurs jours de réflexion et de recherche, une idée a commencé à les travailler. "On a fait ce constat : on avait toujours une appétence pour le bien-être en général et les soins. On s’est dit qu’ici à La Réunion, tout ce qui est soin est très présent. Les gens aiment bien ça. Mais ça ne concerne que tout ce qui est post-pubère", explique Claire.
Elles ont bien constaté une mouvance concernant les massages pour les bébés, mais rien pour les enfants plus âgés, surtout ceux dans les hôpitaux. "Paradoxalement, c’est ceux qui en ont le plus besoin. Les soins, le bien-être, c’est avoir un rapport au corps beaucoup plus présent. Ça peut contribuer à un mieux-être dans l’hôpital et les accompagner dans le chemin de la guérison", souligne la mère de famille.
Passer de la parole aux actes reste le plus difficile. Mais les deux amies ne sont pas près de lâcher.
Par où commencer ?
Si l’envie est présente, Claire et Mélodie ne disposent pas de fonds et surtout de la formation pour pouvoir prodiguer les soins en bien-être. Elles vont donc lancer une cagnotte en ligne afin de récolter des fonds pour pouvoir payer la formation requise. Elles reçoivent 3 500€, de quoi financer cette première étape.
Claire et Mélodie ont également rencontré une cadre de l’hôpital pour enfants afin de présenter leur projet. Une rencontre fructueuse puisque l’hôpital s’est montré très ouvert à l’idée d’offrir aux enfants des soins de modelage ou de maquillage. Elles ont également le soutien de l’association 1 000 pattes qui les accompagne dans la mise en place de leur projet.
"Ce sont des enfants qui sont très fragiles. On touchera en fonction de la pathologie, et uniquement les mains, les pieds et le visage en fonction de la possibilité de l’enfant," précise Claire.
Les deux femmes affirment également avoir de conscience des difficultés qu’elles vont rencontrer. "Humainement et émotionnellement, ça demande de la rigueur et de l’empathie", explique Claire, qui sait précisément les douleurs et les peines que ressentent les parents.
"Les sortir de leur bulle"
Pour les deux femmes, s’intégrer dans le parcours de guérison des enfants est primordial. Si elles savent que leurs soins ne contribuent en rien au traitement, elles demeurent convaincues qu’ils n’en restent pas moins essentiels.
"On veut vraiment les sortir de leur bulle. Par exemple une fillette de 13 ans qui est en soins à l’hôpital, déscolarisée et désocialisée par rapport à sa maladie, un petit moment de bien-être avec une petite pose de vernis ou un petit massage, ou bien une petite discussion tout simplement, ça peut changer la donne dans un cursus de guérison. C’est sûr qu’à notre niveau, ce sont de petits riens, mais avec de petits riens, ont fait de grandes choses", pense la trésorière de l’association.
Leur priorité actuelle est de finaliser leur formation afin de pouvoir commencer à pratiquer leurs soins une demi-journée par semaine. Elles savent qu’elles doivent respecter chaque étape avant d’aboutir à leur objectif. Si elles ne sont que deux aujourd’hui, elles espèrent arriver à créer une dynamique pour le bien des enfants.


