Vidéo - Les colistiers de "L'Alternance" regrettent un manque de "vision globale d'ambition" à la CCIR

Les membres de la plateforme ne sont pas tendres avec la gestion de l'équipe sortante en place depuis 2010. Ils lui reprochent notamment "l'inexpérience de chef d'entreprise des anciens dirigeants" de la CCIR, qui a mené selon leurs dires à "un manque de vision globale, d'ambition, de visibilité économique et de compétences dans les actions à mener". "Nous vivons la crise depuis deux mandats. Connaissant mieux le tissu économique que certains posés dans leurs bureaux depuis longtemps, nous sommes là pour le débat d'idées", lance Gérard Laude, gérant d'un restaurant dans l'Ouest de l'île.
Les membres de la plateforme souhaitent redonner à la CCIR "toute sa vraie vocation d'origine" mais aussi "son autonomie et son indépendance" à travers un travail "responsable" des élus. Cela passera par exemple par la digitalisation des commerces, à l'optimisation du fret, au soutien à la création d'entreprise, à l'autonomie énergétique pour se détacher de la "dépendance d'EDF" mais aussi à la mise en place d'un fonds de retournement "pour aider les entreprises en difficulté", explique Johnny Arnachellum. Ce dernier veut passer "d'une société de consommation à une société de production". "Nous avons la chance d'être la porte entrée de l'Europe dans l'océan Indien mais malheureusement ce statut n'est pas suffisamment exploité. Exemple : sur 100 containers qui rentrent, 80 repartent à vide. Il suffirait qu'on subventionne pour les recharger vers l'Europe. Cela permettrait à nos industriels de transformer des produits à La Réunion et permettre à ces produits de repartir sans quota ni taxe vers le marché européen", argue-t-il.
Les membres de l'Alternance militent également pour une baisse de charges pour les entreprises "plutôt que de proposer des crédits à rembourser", à une réforme de l'octroi de mer "en direction du développement des entreprises locales et en lien avec les pays de la zone". "Actuellement, cette taxe ne sert qu'à assurer la trésorerie des communes alors que les commerçants la financent à prix fort", ajoute Johnny Arnachellum.
"Je suis là car on a besoin dès maintenant d'un changement radical, on ne peut plus attendre. D'où ce rapprochement, rassemblés sans aucun égo pour avoir le plus de forces vives dans nos combats", relève pour sa part Rico Vimbaye. Ce dernier souhaite par ailleurs régler la question du manque de foncier disponible pour les entreprises avec la mise en place de zones d'activités dits de "proximité" dans les villes ou quartiers où résident les chefs d'entreprise. Rico Vimbaye propose également la mise en place d'une banque privée spécialisée dans les redressements judiciaires des entreprises "comme cela existe en métropole".


