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Plan d’action contre la vie chère et les risques de pénurie à La Réunion. Remarques et propositions citoyennes
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Ecrit par zinfos974 – le lundi 18 octobre 2021 à 16H59

La vie chère est certainement depuis plusieurs années une des principales préoccupations des Réunionnais. L’Etat, surtout depuis la crise « des gilets jaunes », assure travailler activement sur cette question. Néanmoins, les faits ont du mal à corroborer cette déclaration d’action. Par exemple, la dernière étude de l’INSEE sur l’écart du coût de la vie entre la Réunion et la métropole date de 2015. Malgré les mouvements sociaux nationaux, on ne peut que constater que l’égalité des chances n’est pas un sujet pour l’Etat, quand on parle de la population des DOM-TOM.
1. Contexte et enjeu
D’Association départementale des industriels de La Réunion (ADIR), l’augmentation du coût du fret aurait atteint jusqu’à 400% depuis l’Asie contre 100% depuis l’Europe. L’Etat estime que ces chiffres garantissent une maîtrise des coûts d’importations car seul 15 % de l’importation réunionnaise vient d’Afrique. Cette analyse et grossière et étonnante de la part des experts des services de l’Etat.
Le coût du fret ne représente qu’une infime partie du fret : Par exemple, les coûts des expéditions LCL sont directement liés aux prix des conteneurs.
Or, l’Etat n’est pas sans savoir qu’il y actuellement une crise du transport maritime mondiale. Un container de 40 pieds coûterait actuellement jusqu’à 24 000 dollars, alors qu’il était facturé 1 800 dollars en juillet 2020 et 8 159 dollars en février 2021, d’après le Freightos baltic index.
Quoiqu’il en soit, si l’Etat n’a pas conscience de cette hausse, tout importateur Réunionnais l’a constaté par l’explosion des charges du transport. Les entreprises avec une trésorerie forte pratique depuis des mois le sur stockage. Il paraît évident que cette stratégie a des sérieuses limites. Les trésoreries ont déjà étaient fragilisées par les décisions de l’Etat depuis mars 2021 et certains produits ne peuvent pas être stockés indéfiniment.
Oasis Réunion en septembre 2020 a lancé une alarme jusqu’ici ignorée : La réunion ne peut produire que 15% de son alimentation. Les Réunionnais savent que l’Etat avance un autre chiffre. Mais comment peut-on se fier à ses chiffres quand on constate son analyse du prix de l’import, par exemple ?
Selon la Préfecture, une hausse limitée des prix à prévoir pour les produits de grande consommation. Encore une fois, on ne peut que s’étonner de cette analyse. L’indice mensuel des prix alimentaires de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, qui a constaté que les prix mondiaux ont augmenté de plus de 3 % depuis juillet, atteignant des niveaux jamais vus depuis 2011. En ce qui concerne, les prix alimentaires ils ont augmenté de 30% dans le monde. Toutes les intuitions nationale comme internationales, rapportent que cette extraordinaire montée des prix est due à la crise sanitaire et que la situation va perdurer et s’aggraver. Par quel miracle sommes-nous épargner ?
La Préfecture avance des chiffres concernant l’augmentation des prix qui semble farfelus : L’inflation a atteint 2,4 en juin 2021 mais les prix à la Réunion ont augmenté de 1,5% en 1,3%. En économie, l’inflation est l’augmentation durable des prix aussi, que signifient ces chiffres ?
Remarque : pourquoi l’Etat dans la présentation du contexte fait de la tomate un cas d’étude ?
Il est vrai que les réunionnais mangent beaucoup de tomates. Néanmoins, il est évident que cette question est hors sujet.
Il est étonnant aussi de voir les écarts entre les chiffres de la préfecture et les chiffres de l’INSEE : [https://www.insee.fr/fr/statistiques/5410348#tableau-ipc-g1-fr]urlblank:https://www.insee.fr/fr/statistiques/5410348#tableau-ipc-g1-fr
Les chiffres nationaux ont été reportés dans le document par un stagiaire ?
Dans le secteur de la grande distribution, les prix n’ont pas augmenté de manière significative pour différentes raisons, selon la préfecture. Pourtant, les réunionnais ont vu leur pouvoir d’achat diminué. La Préfecture estime-t-elle que les réunionnais les plus modestes exagèrent à ce sujet ?
OFCE a pourtant annoncé une augmentation des charges exceptionnelle en France. Cette hausse serait largement compensée par les baisses d’impôts. L’octroi de mer et la TVA est désormais calculée en fonction du foyer fiscal du consommateur ?
En 10 ans l’eau a augmenté de 20%, aujourd’hui 51% des Réunionnais n’ont pas accès à l’eau courante potable. En 10 ans, l’électricité a augmenté de 60%. Quand est-il de l’immobilier (loyer et achat) ? Du soin ?
L’INSEE calcule le taux de pauvreté des Réunionnais à partir de la distribution médiane du revenu en France. Cette démarche n’a pas de sens statistique. Elle semble juste être un outil politique pour atténuer les chiffres des inégalités. L’Etat français a-t-il pour ambition de s’occuper que des citoyens qui ont un revenu suffisant ?
Le prix des matériaux de construction ne cessent d’augmenter dans le monde : De 50 à 80 % d'augmentation des prix pour le bois en huit mois, de 35 à 80 % pour l'acier depuis novembre 2020 ; des hausses pour certaines jamais vues (100% pour le bois !) ; Des pénuries de certains produits. Voilà, les constats internationaux, les entrepreneurs remontent les mêmes difficultés. Les chiffres de la Préfecture semblent démentir la crise internationale. Sommes-nous l’exception mondiale ?
Le plan d’action :
• Garantir la transparence sur les prix
Si on veut vraiment garantir la transparence des prix, c’est simple : il faut utiliser l’outil numérique.
A l’instar de l’application en Métropole, il est possible de créer un outil qui va comparer les prix à la Réunion. Cet outil devra aussi, nourrir une base de données publique. Cela facilitera le travail de l’INSEE et de l’Etat et chaque Réunionnais pourra objectivement connaître l’inflation.
Les observatoires des prix ont un impact qu’à la condition que le consommateur puisse y avoir accès. C’est une évidence commerciale : un consommateur informé n’achète là où il constate que les efforts sont faits.
Ce n’est vraiment pas la peine de gaspiller l’argent des contribuables dans des dispositifs administratifs. Chaque consommateur est un contrôleur des prix. Il suffit de lui fournir un outil simple pour que chacun participe à la transparence recherchée.
• Renforcer la sécurité d’approvisionnement et la logistique portuaire en maîtrisant les coûts
Cette mesure est déconnectée du constat fait en amont. L’analyse approximative de l’Etat abouti à cette solution absurde. La loi du marché, la réglementation internationale sont des obstacles majeurs à cette stratégie.
Les bateaux vont continuer à prioriser les ports où ils ne perdent pas de temps à la livraison. Cela serait absurde pour un transporteur de préférer perdre du temps à attendre le déchargement que de transporter d’autre marchandise. Le temps c’est de l’argent ! Plus un bateau attend plus ses chargent augmentent.
Les producteurs vont continuer à approvisionner en priorité les plus gros marchés. L’offre est inférieure à la demande au niveau mondiale. Il est logique de la part d’une entreprise de viser les marché qui auront le plus de capacité à absorber l’inflation engendrée.
Enfin, L’Etat veut discuter avec la Région Réunion. C’est bien, mais l’Etat a-t-il oublié qu’il peut légiférer ?
Dans la discussion, l’Etat ne peut que suggérer. Il est de notoriété publique que la Région est surendettée. La loi, comme nous l’avons bien vu depuis mars 2020, s’impose.
• . Limiter l’impact de la crise épidémique sur les prix
1) Blocage du prix global maximum du BQP à 349 euros, dans le cadre de l’accord de modération signé le 25 février 2021.
Remarque : Ce cadre est possible grâce à la loi n° 2012-1270. Il s’agit de faire des baisses de la fiscalité pour les distributeurs. Ce moyen de levier ne peut s’inscrire dans la durée : L’inflation ne serait être contenue par la fiscalité. C’est une évidence économique
2) Information obligatoire du pôle C de la DEETS
Ce n’est pas déjà le cas ? L’Etat n’a pas déclaré que la question du coût de la vie fait l’objet d’un travail constant ?
3) mobilisation du secteur bancaire pour un soutien auprès des entreprises
Le système bancaire est déjà présent : ce sont les entreprises qui n’y ont pas recourt. (selon le Préfet). En mobilisant le système bancaire, il difficile de voir en quoi la situation changerait.
De plus, il faut dire que beaucoup d’entrepreneurs ont été échaudés par le prêt garantit par l’Etat l’année dernière. En effet, certains se trouvent au bord du gouffre aujourd’hui pour le rembourser.
4) Signature le 31 août 2021 de l’accord interprofessionnel sur l'alimentation animale
Cet accord n’a pas été signé par les petits producteurs. D’une part, il témoigne de la marge importante des industriels. D’autre part, il va mettre en précarité les petites exploitations. Enfin, la pénurie annoncée va induire une augmentation des prix. C’est la loi de l’offre et la demande. L’objet de l’Etat semble être de retarder la crise systémique à venir et non de s’y préparer. Cette attitude à l’encontre de toute logique semble irresponsable.
5) Encadrement de la hausse des prix des matériaux de construction dans le cadre des marchés publics
Cette idée est absurde, pourquoi et par quel levier législatif l’Etat pourraient demander aux entreprises des prestations facturés en dessous des prix du marché ? Une telle idée conduit à l’arrêt de l’investissement public dans l’immobilier. Mais, il n’aura aucun impact sur les coûts.
6) Éventuellement : l’élargissement de l’aide au fret aux produits provenant de pays autres que l’Union européenne
Le fret représente une part infime du coût de l’importation.
7) Éventuellement : une réglementation des prix sur certains produits de grande consommation en application de l’article 15 de la loi n° 2012-1270 du 20 novembre 2012 relative à la régulation économique outre-mer et portant diverses dispositions relatives aux outre-mer aujourd’hui intégré dans le code de Commerce (article L.410-4)
Cette loi a déjà été évoquée : Elle est déconnectée de la situation. Comment une loi de 2012 pourrait-elle impactée une situation imprévue, exceptionnelle et sans précèdent, 8 ans plus tard ?
• Quelles propositions des citoyens ?
Encadrer le prix de l’eau – Des foyers paient de sommes énorme pour de l’eau non potable. L’Etat devrait mettre en demeure les distributeurs qui n’assurent pas leur obligation.
De façon générale, L’Etat plus que jamais doit veiller que les abus cessent : logement insalubres, eau non potable…
Combien de temps, la Réunion pourra produire de l’électricité ? Cette électricité est dépendante de l’importation de biomasse. Ne faut-il pas mettre les acteurs autour d’une table pour anticiper et amoindrir l’augmentation à venir ?
Le panier zéro % en santé : L’ARS ne peut-elle pas fournir une liste des praticiens qui délivrent cette prestation. Encore, une fois, le plus sûr moyen de bouger les lignes et d’apporter l’information, au consommateur, au patient…
Les collectivités ne doivent elle pas être réunies pour discuter de soutient alimentaire ou d’aides diverses ?
Ne devons pas faire un moratoire sur la gestion des terrains agricoles et prioriser les projets qui vont l’année prochaine nourrir les réunionnais ?
Les propriétés foncières de l’Etat et des collectivités ne devraient-elles faire l’objet d’une réquisition temporaire. Les citoyens pourraient planter eux même, élevé eux même. Il va bien falloir, trouver une alternative à l’importation. Des dispositifs, de formations, de parrainage, de lien transgérationnel pourraient être mis en place pour accompagner les néophytes volontaires.
L’Etat ne peut-il pas imposer un moratoire sur l’octroi de mer et compenser le manque a gagner pour les collectivités ? Il a pourtant injecté des sommes colossales aux grands groupes qui ont tous finit l’exercice avec des profits record.
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