Car-jacking : "J'ai étranglé la dame pour l'empêcher de crier", 5 ans de prison

Le 27 juillet dernier, alors qu'elle roule tranquillement dans sa voiture, une femme va voir sa vie basculer. Elle voit quatre individus devant son parking et constate que deux d'entre eux se détachent du groupe et se rapprochent d'elle. Sans avoir le temps de comprendre quoi que ce soit, l'un la saisit par le cou pour l'immobiliser dans son siège quand le deuxième entre par le coté passager pour la pousser hors de sa voiture. Sans coup férir, elle est projetée et extirpée violemment, les deux individus lui volent son bien.
Ce fut de courte durée puisque le conducteur cale alors qu'elle parvient en hurlant à alerter des témoins qui lui viennent en aide et mettent les voleurs en fuite. L'intervention rapide des forces de l'ordre permettra d'interpeller les deux agresseurs et de les placer en garde à vue. Présentés ce vendredi en comparution immédiate, Madi M., 28 ans - s'occupe du coté conducteur - et Fabrice M., 30 ans - s'occupe du coté passager - sont peu loquaces quant aux raisons qui les ont poussé à agir aussi violemment. L'un explique "On tous eu l'idée de faire ça" quand le second ajoute "On a décidé tous les deux de voler la voiture. J'ai étranglé la dame pour l'empêcher de crier. C'est lui qui voulait voler la voiture, j'avais rien à gagner".
"Elle n'a pas eu la force de venir car elle a trop peur de les revoir !"
Pour faire comprendre leur état d'esprit du moment l'un se permet de préciser : "On était là et il y en a un qui a dit 'et si on rackettait des gens' ". La partie civile, qui représente la victime, indique : "Elle n'a pas eu la force de venir car elle a trop peur de les revoir !". "Elle est terrorisée, choquée, elle aurait juste aimé savoir pourquoi cette violence gratuite mais elle n'aura jamais la réponse. Tout cela parce qu'il y en a un qui voulait une voiture", insiste t-elle.
Le parquet enchaine et hausse le ton : "C'est extrêmement violent et elle ne s'y attendait pas du tout. Ce genre de fait est rare sur La Réunion. La conductrice était ciblée, ils s'en prennent à une femme seule pas à un homme athlétique ! Elle a eu peur de mourir et tout ça pour une voiture, mais on est où là ? On est au taquet au niveau délictuel ! Ils risquent 10 ans et 10 ans de plus car ils sont en récidive". Le procureur de la République requiert 3 ans de prison et la révocation du sursis probatoire d'un an pour Madi M. qui est sorti de prison en mai dernier, et 2 ans de prison plus la révocation du sursis de 4 mois pour Fabrice M. au passif moins chargé. Il requiert le maintien en détention pour les deux.
"Une chose est certaine, ce ne sont pas des génies et c'est le moins que l'on puisse dire ! "
"Ce sont des faits très graves mais ils sont reconnus. Une chose est certaine, ce ne sont pas des génies et c'est le moins que l'on puisse dire ! Pour autant, il n'y a pas de préparation, pas de réflexion quant au passage à l'acte. Quelle peine serait la plus utile pour eux et pour la société ? Ils sont perdus exclus de la société, une peine mixte aurait plus d'intérêt", plaide la défense, peu aidée par le comportement des deux prévenus.
En effet, alors qu'ils ont le dernier mot et contre toute attente, en lieu et place d'excuses ou de remords, ils expliquent tour à tour à la présidente : "J'ai une question, pour quoi la police quand elle nous voit dans la rue, elle nous fouille et nous tabasse ?", le second enchaîne : "Pour moi, c'est la même chose, c'est pour ça que je les frappe les gendarmes". Estomaquée, la présidente les reprend de volée leur rappelant que ce n'était pas le lieu pour parler de cela et leur rappelle la violence de ce pourquoi ils sont jugés aujourd'hui.
Après délibération, Madi M. est condamné à une peine de 4 ans de prison plus la révocation d'un de sursis, son acolyte Fabrice M. écope, quant à lui, de 4 ans plus la révocation de 4 mois de sursis. Ils sont placés en détention à l'issue de l'audience.


