Embusqués, ils tentent d'assassiner leur voisin : 15 ans de réclusion criminelle pour les accusés

"La rencontre de ces deux trajectoires ne pouvait rien donner de bon", a résumé l'avocat général avant de requérir 16 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Aymric Dorval et Yohan Marimoutou, accusés d'avoir tenté d'assassiner Ludovic Bauchet, le voisin de ce dernier.
Les deux Saint-Paulois de 20 et 38 ans encouraient la perpétuité. A l'issue du délibéré, ils ont été condamnés ce mercredi matin à 15 ans de réclusion criminelle.
La requalification des faits en "violences avec arme" demandée par la défense de Dorval n'a pas été retenue par le jury populaire. La majorité d'entre eux a donc été convaincue que les agresseurs avaient eu l'intention de donner la mort à un homme sans défense.
Ils l'avaient attendu planqué sous la varangue de chez Marimoutou pendant trois heures. Dans le noir, Aymric Dorval s'était approché de la victime qui passait le portail de chez elle. Il lui avait planté trois coups de couteau dans une zone vitale de façon rapide et répétée. Le trentenaire, locataire de Yohan Marimoutou, ne doit son salut qu'à un coup de pied vers Dorval qui lui a permis de se dégager avant d'aller s'effondrer chez lui dans une mare de sang.
Viré de chez ses parents
Aymric Dorval, 18 ans au moments des faits, s'état enfui. Viré de chez des parents n'assumant pas leur responsabilité, il errait et avait trouvé refuge depuis deux mois chez Marimoutou. Celui-ci, pourtant particulièrement outillé pour réussir une vie professionnelle dans le domaine de la pâtisserie, avait tout laissé tomber pour s'adonner aux vices de l'alcool. Après avoir travaillé pour de grands hôtels et montré un vrai talent de cuisinier, il avait, "pour masquer son anxiété existentielle"; bu environ une bouteille de rhum par jour.
Les deux accusés en voulait à Ludovic Bauchet pour des futilités mais il s'agissait surtout de "jalousie envers un homme a qui tout a réussi", a avancé le représentant de la société, Jean-Philippe Rey.
Il le chauffe à blanc
Yohan Marimoutou n'avait rien fait pour porter secours à la victime ou empêcher le jeune Dorval, réputé violent et voleur dans le quartier de la rue Saint-Louis à Saint-Paul, de commettre l'irréparable. Au contraire, "il l'a chauffé à blanc" et a fourni un sabre, une barre de fer, et c'est peut-être même lui qui a mis l'arme du crime dans sa main.
Un moment de bascule dans la vie de ce garagiste tranquille et qui n'avait rien fait pour mériter ce que les deux autres lui ont infligé. "Je vous demande de réparer ce moment de bascule par votre jugement", a plaidé ce mardi son avocat, Me Rémi Boniface. Ludovic Bauchet est un survivant. Après plusieurs opérations et un pontage, il souffre d'une insuffisance respiratoire à vie.


