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Qui va dire à Frédéric Miranville qu'il n'est plus président de l'Université ?

Je m'apprêtais à écrire un article sur les conséquences de l'annulation par le tribunal administratif de l'élection de Frédéric Miranville à la présidence de l'université. Je voulais mettre en exergue le fait qu'il n'est plus président et ne peut donc plus convoquer en urgence un conseil d'administration pour procéder à une nouvelle élection de personnalités extérieures et dans la foulée à sa réélection comme il est en train d'essayer de le faire. On peut comprendre un tel empressement. Frédéric Miranville essaie de se faire réélire avant fin juin, date des élections départementales et régionales car il sait pertinemment qu'il n'aurait aucune chance de retrouver son poste dans l'hypothèse où les élus qui l'ont jusqu'ici soutenu venaient à être remplacés... J'aurais voulu préciser également qu'une des conséquences de ce jugement était que toutes les décisions qu'il a prises depuis sa réélection, et notamment l'embauche d'un nouveau directeur de cabinet, ancien président de l'UNEF qui pèse 4 voix au sein de ce conseil d'administration et a donc permis sa réélection, étaient caduques. J'aurais voulu dénoncer le fait que Frédéric Miranville, comme il l'a déclaré sur le plateau de Réunion 1ère, continue à considérer qu'il est "toujours président" et à agir en tant que tel. J'aurais enfin voulu insister sur le fait que devant une telle constance dans les actes illégaux, la seule solution ne pouvait être que la nomination d'un administrateur provisoire qui mette ce président multi-récidiviste hors jeu. J'aurais voulu... Mais voilà qu'on m'a fait parvenir ce matin un mail du syndicat SNESup de l'université dit tout cela très bien et qui donne en plus pas mal de détails. Dès lors, pourquoi réécrire ce qui est déjà bien écrit? C'est la raison pour laquelle je me contenterai de retranscrire ci-dessous le mail du syndicat... Pierrot Dupuy
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 16 avril 2021 à 17H19

Pourquoi Frédéric Miranville signe-t-il son courriel en date du 15 avril en tant que "Président de l’Université", comme si de rien n’était, alors que la presse locale nous a appris la veille que son élection était annulée ? La justice a pourtant parlé : la décision du 14 avril du Tribunal administratif rend caduque la séance du 8 décembre 2020 du Conseil d’administration (CA) de l’Université.

Heureusement, son intervention, le même jour, au JT de 19 heures de Réunion la 1ère nous a éclairé·e·s. Lorsque la journaliste lui a demandé s’il était toujours Président de l’Université, il a répondu : "De mon point de vue, OUI !". Ouf ! nous voilà rassurés, car comme chacun le sait, dans notre université, le point de vue de M. Miranville compte plus que celui de n'importe quel tribunal.

La composition du Conseil d'administration depuis le 08 décembre étant illégale, toutes les décisions prises depuis cette date par cette instance devraient l’être également...

D’où une seconde interrogation : pourquoi les Vice-Président·e·s et chargé.e.s de mission choisi.e.s par un Président, qui ne l’est plus, n’ont-ils pas donné leur démission ? Dans la même perspective, on peut se demander de quelle autorité se prévaut le service juridique pour contacter les membres extérieur·e·s en vue d’un prochain CA ?

Ceci dit, analysons, brièvement, les arguments employés par M. Miranville pour sa défense.

Argument 1 : "Mme Grondin est une mauvaise perdante"

Dans une élection où le gagnant triche, celui-ci a effectivement tout intérêt à faire passer son adversaire pour une "mauvaise perdante".

Or ce n’est pas Mme Grondin qui met des bâtons dans les roues de M. Miranville. C’est la justice !

Ce n’est pas non plus Mme Grondin qui a jugé M. Miranville. C’est le Tribunal administratif.

Notez au passage que lorsqu’une décision de justice lui donne raison, M. Miranville communique urbi et orbi sur la justesse de ladite décision. Et lorsque cette même justice lui donne tort, il se plaint en accusant Mme Grondin de lui en vouloir et de faire preuve à son encontre d'acharnement.

En somme, FACE : M. Miranville gagne. PILE : Mme Grondin perd.

Certains collègues peuvent légitimement s’interroger : pourquoi Mme Grondin dépose-t-elle des recours ?

La réponse est simple : parce que M. Miranville ne respecte pas les textes règlementaires, autrement dit LA LOI régissant la vie d’une université française. Même lorsque Madame la Rectrice, Chancelière des Universités, et à ce titre garante du respect de la légalité, tire, en octobre 2020, le signal d’alarme, M. Miranville continue, encore et encore !

Le passage en force ne l’effraie pas le moins du monde, il en a même fait une stratégie. De fait, Mme Grondin n’a d’autre choix pour mettre fin aux diverses illégalités que de recourir à la justice. L’immense avantage que procure la stratégie du passage en force, c’est de pouvoir se victimiser en incriminant ceux qui tentent d’y mettre un terme.

Argument 2 : "Mme Grondin est une irresponsable qui s’acharne contre moi"

On peut se demander qui est irresponsable : celui qui commet la faute ou celui qui la dénonce ? Pourquoi accuser ceux qui déchirent le voile de l’omerta ? La bonne conduite serait-elle de laisser tranquillement tricher M. Miranville, tout en sachant qu’il triche ? Prendre connaissance de la faute entraîne un choix en toute responsabilité : soit la dénoncer, soit se taire et s’en rendre complice. Mme Grondin a choisi de faire savoir la faute. La honte eût été de ne pas la crier.

Argument 3 : "Mme Grondin ne respecte pas la voix des urnes"

M. Miranville appelle, dans la presse locale, à faire respecter la voix des urnes.

Il se rend la tâche d’autant plus facile qu’il oublie de préciser que la voix des urnes au Conseil d’administration, c’est 50/50 pour les deux listes en présence (14 sièges chacune). Et ce sont les voix des extérieurs - des organismes de recherche, CIRAD et IRD (2 voix), des collectivités territoriales locales, Région et Département (2 voix), et des personnalités extérieures (4 voix) qui, selon le jugement du TA en date du 15 avril 2021, ont été élues illégalement – qui expliquent l’écart de voix.

En outre, permettez-nous de vous rappeler que le collège A n’a été remporté par la liste Cap 2024 qu'à la faveur d’inscriptions pour le moins... disons "étonnantes". Le SNESUP l’a expliqué dans son message du 18 mars 2021 intitulé : "Qui nous dirige à l’université de la Réunion ?" et dont voici un extrait :

"Un président peut, à sa guise, modifier le périmètre des collèges électoraux. Le jeu sur la composition des listes, et le niveau de qualification requis des personnes qui y figurent, n’a de meilleur exemple que celui du CIRAD (Établissement Public à caractère Industriel et Commercial) et de son UMR, dont le directeur est un membre affiché du comité de soutien à F. Miranville. Un nombre impressionnant de votants (corps A et B) a ainsi été inscrit sur les listes pour l’élection du Conseil d’Administration, avec l’aval des responsables CIRAD pro-CAP 2024, aux niveaux régional et local :
- dans le collège A : 14 personnels CIRAD non HDR, dont 2 personnels qui n’avaient même pas le doctorat... (on peut se demander comment est assurée l'équivalence des fonctions avec un.e professeur.e d'université ?)
- dans le collège B : plus de 20 personnels non docteur.e.s, dont 2 niveau BAC, 9 niveau BAC+2 et 6 niveau BAC+5. Notons, pour l’anecdote, qu’une assistante de direction a été inscrite en B (là encore, l’équivalence de fonctions réclamée par le code de l’éducation est pour le moins problématique entre une assistante de direction et une MCF)
".

Donc il est plutôt osé de faire reproche à Mme Grondin de ne pas respecter les urnes quand soi-même on modifie à son avantage, et à ce point, les listes électorales.

Nous sommes, bien évidemment, pour respecter la voix des urnes (qui pourrait être contre ?), mais tout autant pour respecter les personnels de l’Université de La Réunion, leurs compétences et les instances qui les représentent. Cela passe par le respect et l’application des décisions de justice.

(…)

Notre université ne doit pas devenir un lieu de non-droit où triomphent ceux qui trichent le mieux.

 

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