Le Port : Une enseignante menace de se suicider dans le bureau de la directrice de son école

Remettons les choses dans leur contexte : on est en début de semaine dans l'école Raymond Mondon au Port. Une enseignante qui affirme ne pas se sentir bien, demande à sa directrice l'autorisation de sortir un quart d'heure plus tôt pour se rendre à un rendez-vous chez son médecin. Ce qu'elle obtient. En contrepartie, la directrice lui fait signer une autorisation d'absence.
A 11h15, elle se rend donc dans le parking de l'école qui jouxte l'inspection d'académie (le détail a son importance) pour y récupérer sa moto. Pas de chance, elle croise l'inspecteur qui, la voyant partir, demande à la directrice des explications.
Celles-ci ne le satisfont pas pour plusieurs raisons. D'abord, quand un enseignant ne se sent pas bien, la règle veut qu'il ne parte pas seul chez le médecin. Soit c'est grave et on appelle le SAMU. Soit ce n'est pas vraiment grave et il se fait conduire par quelqu'un, mais on ne le laisse pas partir par ses propres moyens. Surtout à moto.
Deuxième chose qui le choque : en son absence, ses élèves ont été laissés sous la surveillance d'un personnel administratif rattaché à la directrice et non pas d'un autre enseignant. Si les parents l'apprenaient, ils auraient été en droit de se plaindre.
Au terme de la discussion avec la directrice, il l'informe donc qu'il refusera d'entériner l'autorisation d'absence.
C'est là que les choses dégénèrent. A son retour en début d'après-midi, l'enseignante apprend la nouvelle de la bouche de la directrice et entre dans une véritable crise de colère. Elle affirme vouloir se suicider, se saisit d'une paire de ciseaux sur le bureau et fait mine de se l'enfoncer dans la gorge.
Fort heureusement, les personnes présentes l'en empêchent et appellent le SAMU qui la prend en charge.
Très vite, la nouvelle se répand, les réseaux sociaux s'en mêlent et l'inspecteur se fait traiter de tous les noms. Bien évidemment, on ne peut s'empêcher de penser à l'affaire de Samuel Paty en métropole.
L'affaire remonte jusqu'à Zinfos et nous est présentée sous la forme d'un inspecteur qui a poussé une enseignante au suicide. Comme on l'a vu, on en est loin.
Que retirer de tout cela ? Deux choses à notre avis.
D'abord, cet inspecteur a manqué d'humanité. Il a certes appliqué les règlements à la lettre, ce qui fait dire qu'administrativement on ne peut rien lui reprocher, mais il est clair qu'il aurait peut-être pu y mettre un peu plus de formes. Nul doute que ça lui servira de leçon.
D'un autre côté, on se dit également qu'il n'est pas normal qu'une personne "pète un câble" au point de menacer de se suicider pour un simple refus d'autorisation d'absence. On apprend alors qu'elle a longtemps été en arrêt maladie et qu'elle n'avait que récemment repris le travail. Elle présentait sans doute une fragilité hors normes qui a abouti à ce qu'un événement qui serait passé pour anodin pour quelqu'un d'autre ait pris chez elle des proportions gravissimes.
Quoi qu'il en soit, retenons comme morale de cette histoire qu'on a toujours intérêt à essayer de comprendre son interlocuteur plutôt que d'appliquer bêtement un règlement à la lettre. Même si encore une fois, on est administrativement dans son bon droit.


