Cannabis et cocaïne planqués dans des bidons: ?De lourdes peines pour les commanditaires

Mais le 9 décembre 2018, un homme est interpellé à Gillot, en provenance d’Orly, avec 19,3 kilos de résine de cannabis et 484 grammes de cocaïne dissimulés dans des bouteilles de lessive dans deux valises. Une somme importante en espèces est aussi trouvée : 125.000 euros. Il affirme avoir pris l’avion avec une femme. Celle-ci se présentera par la suite au commissariat, ainsi qu’un troisième, le commanditaire supposé de ce trafic Saint-Paulois.
Puis c’est au tour de deux jeunes mules, arrêtées par les douanes le 25 janvier 2019 avec 25 kilos de résine de cannabis. Deux hommes en métropole leur avaient proposé des vacances à La Réunion. Le lien entre les deux incidents ? Celui qui est venu les chercher à l’aéroport, qui n’est autre que l’ami d’enfance du supposé commanditaire de la première arrivée de drogues le 9 décembre.
Et enfin, nous sommes le 16 février 2019 lorsqu’un homme est à nouveau interpellé à l’aéroport Roland Garros avec 23,6 kilos de résine de cannabis dans ses valises. Dans le coup, un jeune de 18 ans, recherché. Alors que le premier est en train d’être interrogé par la police, lui se rend comme prévu à Gillot pour son retour en métropole. Sauf que les forces de l’ordre l'attendent.
En tout, 10 bouteilles de lessive sont saisies : six remplies de résine de cannabis et quatre de cocaïne. C’est le Saint-Paulois qui aurait été à l’origine de cette importation sur le territoire réunionnais. Il avoue en effet effectuer un trafic de zamal depuis 2017. Un business qui engendrait un chiffre d'affaires de 30.000 euros par mois. Il l’avoue.
Des manquements dans l’enquête et trop d’incertitudes, selon la défense
Trois ou quatre commanditaires, trois mules et une dernière qui faisait le lien entre les deux… C’est ce que les enquêteurs supposent. En effet, alors que six des huit prévenus étaient présents devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi, les avocats de la défense ont attaqué les « hypothèses et suppositions » du dossier.
En effet, l’un des « commanditaires », aurait été le jeune de 18 ans qui s’était rendu à l’aéroport de Gillot sans se soucier d’une possible interpellation. « La légèreté du gamin », comme dit son avocat Me Nicolas Normand après avoir rappelé que son client avouait sa complicité lors d’une audition de « seulement 15 minutes ».
Quant à l’intermédiaire entre les mules et les commanditaires, il s’agit d’une femme de 23 ans, sans emploi ni casier judiciaire, dont la mère venait de décéder, « simplement pour se faire de l’argent », a précisé Me Julien Barraco. Quant au Saint-Paulois, Me Morgan Pouly évoque des « inventions » et une envie de « faire gonfler les choses », alors qu’il ne s’agit « que d’un trafiquant de quartier qui a tenté autre chose ». Et son ami d’enfance n’aurait ni détenu, ni transporté, ni importé quoi que ce soit. En effet, la seule date retenue de son infraction est celle du transport des mules depuis l’aéroport. « Il en a fait des choses en 24 heures », remarque Me Adrien Gabeaud.
Mais le tribunal n’a pas été convaincu : Les deux amis commanditaires ont été condamnés à 4 ans de prison dont un avec sursis et mandat de dépôt. Après 9 mois sous contrôle judiciaire, les voilà à nouveau en détention. L’intermédiaire écope quant à elle de 2 ans de prison dont un avec sursis et l’autre mule impliquée, de 2 ans de prison dont 8 mois de sursis. Les deux jeunes femmes qui ont servies de mules ont quant à elles été relaxées. Les coupables devront payer des amendes douanières variant entre 46.000 et 125.000 euros.


