Saint-Denis: Un homme handicapé battu et séquestré, un des auteurs jugé en appel

Le 6 septembre 2018, un homme blessé se présente au commissariat. Il souhaite porter plainte contre trois hommes qui l’auraient abordé en pleine nuit dans une station service à Saint-Denis, ramené chez l’un d’eux, passé à tabac avant qu’il ne parvienne à s’enfuir.
Le 4 septembre 2018, aux environs d’une heure du matin, un homme "que l’on connaît, un peu étrange, peu cohérent" selon les employés de la station service à côté de chez lui, achète un paquet de cigarettes. Trois hommes, dans deux véhicules, lui proposent une combine pour se faire 1000 euros. Il leur faut son CV, sa carte bancaire et une pièce d’identité ; choses qu’il va chercher chez lui avant de les retrouver à la station.
Ils l’emmènent alors chez l’un d’eux, I.R, à Deux Canons "pour boire un verre". Le jeune homme est manifestement content de se faire des amis. Mais ses nouveaux camarades s’enivrent et voient inscrit sur son CV trois mois au sein de la police nationale. Il avait en effet été agent de sécurité. Le prenant pour un espion, ils lui assènent des coups de pieds, coups de poings, coups de ceinture, écrase sa tête par terre avant que l’un d'eux ne brûle sa cigarette sur son front. Interdiction formelle de tenter de quitter l’appartement, sinon ils le jettent par la fenêtre. La victime parvient néanmoins à s’enfuir.
"Une nuit d’horreur"
I.R se trouvait ce jeudi devant la cour d’appel. Il minimise sa participation et affirme ne pas vouloir être condamné pour ce qu’il n’a pas fait, "sur un forfait globale", ajoute son avocate. Il avait été condamné à trois ans de prison ferme en 1ère instance et purge actuellement sa peine.
La victime, "terrorisée", selon son avocate, n’est pas présente. Handicapé à 80 %, le jeune homme est bipolaire et souffre de troubles d’humeur et d’hyperactivité. "Il a vécu une véritable nuit d’horreur et de violences, ajoute-t-elle, s’il ne s’était pas échappé, il serait peut-être mort".
L’avocat général a quant à lui rappelé son casier judiciaire chargé et le manque de respect des conditions de son contrôle judiciaire lors d’une condamnation précédente. Les magistrats de la cour d’appel semblent tomber d’accord : au lieu de trois ans de prison, il repart avec quatre.


