Meurtre de son dalon pour une paire de lunettes : "Un acte purement gratuit"

Premier jour de procès aux Assises ce vendredi. Jean Maurice Ramassamy, 41 ans, qui encourt 30 ans de réclusion criminelle pour meurtre, a été entendu. Il raconte l’achat de boissons avec son ami à la station rue Bois de Nèfles, le rallé-poussé devant la boutique chinois rue Monthyon puis le chemin vers la station pour retrouver les lunettes de son salon suivi des coups de tesson dans la rue. "Il me suivait parce qu’il voulait qu’on aille à la station regarder la vidéo-surveillance, raconte Jean Maurice Ramassamy qui avait en effet volé les lunettes de David Payet, mais j’ai changé d’avis et je ne voulais plus y aller". Après avoir changé de version à plusieurs reprises au long de l’enquête au sujet des lunettes et après avoir insisté sur les coups qu'il a reçu de David Payet, le poussant donc à se défendre, il avoue ce vendredi que "non, il n’y a pas eu de coups". Exaspéré par l’insistance et la colère de son copain, il "n’a pas réfléchi" et a commis l’irréparable.
"Vous lui tranchez la gorge pratiquement"
"Mais si vous avez réfléchi", répond le président d’audience, Michel Carrue. Et les raisons de ses choix ? "Je ne sais pas", répond l’accusé. S’il maintient n’avoir pas eu l’intention de tuer, le médecin légiste explique que les plaies au cou n’ont pu être faites qu’avec un geste appuyé. Le psychologue, quant à lui, rappelle que Jean Maurice Ramassamy reconnaît "être impulsif même sans alcool".
Une enfance difficile avec un père très violent, plus de 20 ans à vivre dans la rue et un casier judiciaire comprenant 18 mentions donc beaucoup de violences – y compris sur ses femmes et ses enfants - complètent le profil de l’accusé. Un "profil inquiétant", affirme le président qui poursuit : "Vous êtes violent depuis 20 ans avec tout le monde", avant de décrire à nouveau la scène. "Vous êtes sur le trottoir, face à un homme plus petit et moins imposant que vous et vous lui tranchez la gorge pratiquement. C’était un acte purement gratuit".
Son avocat aura l’occasion de le défendre lundi au moment des plaidoiries. Le verdict sera ensuite rendu.


