Circulant à 3g d'alcool/l, il tue une mère de 48 ans et écope de 4 ans de prison

Samuel H., 36 ans au moment des faits, est le conducteur de la Ford Fiesta. Ce jour-là, il rentre d'une journée de travail dans l'ouest lorsqu'il décide de s'arrêter au Port chez des amis. Il boit quelques verres de "rhum arrangé" avant de reprendre la route vers 20H. Alors que la circulation est toujours difficile, il décide de faire demi-tour et retourne chez ses amis. À 21h30, il repart vers Saint-Denis par la 4 voies. Il est 21H40 lorsqu'il percute l'arrière de la Peugeot 106 de Marie-Françoise Testan.
Le choc est d'une telle violence que la 106 percute à son tour le véhicule qui est devant, qui percute lui aussi, l'arrière de la remorque d'un camion. Il manque un tiers de la 106 après l'impact.
Blessé également, le conducteur responsable de l'accident est transporté à l'hôpital de Saint-Paul. Alors qu'il préfère en sortir contre avis médical, ce sont les gendarmes qui le récupèrent dehors avant de le placer en garde à vue. Le premier prélèvement sanguin effectué à 23h55 fait état d'un taux de 2,74 g/l d'alcool dans le sang. Il est retenu 1,86 g/l de sang à 0h55 pour la procédure. L'expertise établira un taux présumé de 3,1 g/l de sang au moment de l'accident.
L'expertise accidentologique détermine que le conducteur a bien freiné avant la collision et que l'impact a eu lieu à 61 km/h. Les deux facteurs retenus sont l'alcool et la vitesse. Il est fait état d'un manque d'anticipation du conducteur à cause de l'absorption d'alcool. "Ce jour-là, je n'aurais pas du prendre la route. Ça fait 4 ans que j'y pense tous les jours", affirme Samuel H. à la barre ce vendredi matin. Il confirme également au président : "je n'ai pas vu le panneau, je savais que la route était basculée, je n'ai pas fait attention au panneau". Alors que la voie de gauche était libre, il n'a pas eu le temps de faire de manoeuvre d'évitement.
"Ma mère avait 48 ans et mon père est décédé à 45 ans. C'est très compliqué pour nous de vivre ça. Si mon fils avait été dans la voiture, il ne serait plus là. Ma mère a eu la moelle épinière sectionnée, on n'avait plus que les yeux pour pleurer. Elle était dans le coma, on a décidé de la laisser partir car elle ne voulait pas vivre comme ça", témoigne dignement le fils de Marie-Françoise Testan devant le tribunal pour exprimer sa peine.
"Une mort pour 3g d'alcool ! Pas quelques verres mais beaucoup plus ! Le panneau est énorme, pourquoi ne l'a t-il pas vu ? L'alcool ! Il a mis plus de 3 secondes à réagir. Il a pris la décision de conduire à 110 km/h alors qu'il avait bu. Il n'y a pas de fatalité. Ce drame a entrainé une douleur extrême dans cette famille, ils sont dans le désespoir. Perdre une mère alors que ce drame n'était pas inévitable, c'est encore pire !", assène la partie civile.
La procureure de la République enchaine ses réquisitions : "Il y a toujours une charge émotionnelle particulière dans ce genre d'affaires car on peut facilement se mettre à la place des victimes. Quand on prend le volant, on doit toujours avoir la responsabilité de la sécurité des autres. Si cet accident a eu lieu, c'est entièrement de votre faute ! Ce n'est pas le fruit du hasard, vos responsabilités sont lourdes aujourd'hui. Je vous demande une peine de 4 ans de prison dont 2 ans de sursis probatoire, des obligations de soins, de travail et d'indemniser les victimes. Je demande l'annulation du permis de conduire ainsi qu'une interdiction de le repasser avant 2 ans."
"C'est une affaire dramatique et atroce. Vous allez le condamner, ça ne fait aucun doute ! Il a fait ce qu'il a pu pour éviter cet accident, il a cela en tête tous les jours. Il a fait un mauvais choix mais la peine ferme n'est pas adaptée dans son cas. Il n'a pas de casier et il n'a jamais été condamné, ce n'est pas un délinquant", plaide la défense. "Je n'ai pas de mots pour ma défense mais pour la famille, je demande pardon", conclut Samuel H. avant que le tribunal se retire pour délibérer.
Reconnu coupable, Samuel H. est condamné à 4 ans de prison dont 2 ans de sursis probatoire avec obligation de soins, de travail et d'indemniser les parties civiles. Le tribunal annule son permis et lui interdit de se présenter à l'examen avant 6 mois. Concernant la partie ferme de la peine, c'est-à-dire 2 ans, le tribunal ne décerne pas de mandat de dépôt.


