[VIDEO] Annick Girardin : "Rien n’est gagné" face au Covid-19

"Rien n’est gagné même si, aujourd’hui, nous avons des raisons d’être optimistes". Annick Girardin a invité l'ensemble des citoyens des Outre-mer à ne pas baisser la garde face au Covid-19.
"Le débat sur la disponibilité des masques, des moyens de protection et des tests doit avoir lieu mais la polémique ne fera pas avancer les choses. Pour avancer, j’ai sollicité le 26 mars dernier l’avis du conseil scientifique présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, afin qu’il puisse éclairer le gouvernement sur les mesures engagées sur le terrain et proposer de nouvelles mesures spécifiques en fonction de chaque territoire ultra-marin", contextualise la ministre qui a reçu l'avis du conseil scientifique ce mercredi 8 avril.
Après avoir mené depuis hier, jeudi, un travail interministériel "intense" et adapté à chaque territoire, Annick Girardin a présenté les recommandations des scientifiques.
"Ils disent quoi ces scientifiques ? Que les Outre-mer sont frappés par le virus avec un décalage de plusieurs semaines. Pourtant, le confinement général a été décrété au même moment qu’au niveau national. Cette avance, nous devons la garder. Cet avis, il nous conforte aussi dans la stratégie que nous avons déployée dans chaque territoire. Toutes ces mesures ont déjà un impact positif. Ces mesures doivent être différenciées selon les territoires. C’est le message que j’adresse à chaque fois aux préfets comme à l’ensemble des élus", révèle Annick GIrardin.
"C’est une doctrine qui se modifie"
"L’avance que nous avons prise rend possible d’autres mesures pour freiner encore davantage la propagation de l’infection", annonce la ministre qui amorce désormais une seconde phase avec "une utilisation plus large des tests et une isolation des patients positifs. C’est une doctrine qui se modifie", confirme-elle
L'une des mesures à retenir de son intervention est sans doute l'obligation de dépistage à laquelle devront désormais se soumettre tous les nouveaux arrivants, à la fin de leur quatorzaine. Rappelons qu'à La Réunion, seuls trois vols réguliers sont admis, chaque semaine, sur le tarmac de Gillot afin d'assurer le transport des personnes ayant un besoin impérieux de se rendre en métropole ou inversement.
Deuxième élément important de son allocution depuis Paris : tout cas symptomatique sera désormais testé et une proposition d’isolement sera faite dans des structures dédiées, permettant à la personne de s’isoler de son contexte familial ou professionnel.
A ce titre, tous les DOM-COM vont être équipés en capacité de test. "Nos quatre nouveaux automates seront à disposition des outre-mer", promet-elle.
"Je sais que ce n'est pas facile"
Par ailleurs, "J’ai dit aux préfets de renforcer les dispositifs de confinement, et notamment durant le week end pascal", a également martelé la ministre des Outre-mer, faisant écho notamment, localement, à l'arrêté préfectoral de Jacques Billant interdisant l'ouverture des commerces après 19H.
"Ce qui marche, et qui a freiné l’épidémie, c'est d’abord la mise en place des gestes barrière, et ensuite la réduction du nombre de contacts et la mise en place de la distanciation sociale. je sais que ce n'est pas facile", a-t-elle une nouvelle fois conseillé.
Avant de conclure une intervention de 19 minutes, Annick Girardin a rappelé, territoire par territoire, la situation épidémiologique. Concernant La Réunion, épargnée en termes de mortalité jusqu'à présent, la ministre a rappelé que le nombre initial de 51 lits de réanimation avait été porté à 81 lits "et nous pouvons aller jusqu’à 176 lits si la situation devait l’imposer."
Les dix recommandations du conseil scientifique :
2. Renforcer dès à présent les hôpitaux en doublant leur capacité d’accueil en lits de réanimation pour les cas graves de Covid-19. Renforcer les laboratoires de biologie, avec des équipements qu’ils connaissent et des moyens humains venant de métropole si cela est nécessaire pour le diagnostic du SARS-CoV-2.
3. Continuer, dans un contexte de faible arrivage, à pratiquer la quatorzaine à l’arrivée des voyageurs, idéalement en structure dédiée, assortie d’un test de dépistage RT-PCR immédiat à tous les voyageurs symptomatiques et systématiquement à tous les voyageurs en fin de quatorzaine.
4. Renforcer en nombre et en formation les équipes hospitalières, en mobilisant éventuellement la Réserve Sanitaire et le Service de Santé des Armées, pour pallier à la pénurie de personnels de santé dans certains territoires.
5. Mettre en place, en appui aux mesures de quatorzaine préventive, un isolement des cas dans des structures dédiées et un suivi actif des contacts.
6. Pour Mayotte spécifiquement, envisager l’installation d’une structure extrahospitalière médicalisée pour l’isolement des malades non graves du Covid-19.
7. Tester, tester, tester. A ce stade épidémique dans les outre-mer, toute personne suspecte de Covid-19 doit pouvoir bénéficier d’un test diagnostique. Il faut mettre en place dans chaque département/territoire une unité fonctionnelle RT-PCR, dimensionnée à la hauteur du bassin de population.
8. S’assurer de la bonne disponibilité, sans rupture de stock pour les soignants, des masques, des équipements de protection individuelle et des solutions hydro-alcooliques.
9. Renforcer dès à présent les équipes d’épidémiologie et de suivi des contacts, sous la coordination de l’équipe locale de Santé publique France.
10. Permettre en usage compassionnel, voire dans le cadre de protocole de recherche pour certains territoires, l’accès aux traitements antiviraux qui auront montré leur efficacité contre le Covid-19 en analyse intermédiaire d’efficacité des études cliniques en cours.


