[Pierrot Dupuy] La démocratie participative version Gilbert Annette, que de la poudre aux yeux...

Dans son programme électoral, Ericka Bareigts met l’accent sur les budgets participatifs. A l’écouter, "c’est avec vous que nous déciderons des travaux de proximité dans vos quartiers".
Et pour ce faire, elle prévoit un budget de 10 millions d'euros, le plus gros budget participatif de France, à l'écouter.
Ces budgets participatifs ne sont que la reprise, sous un autre nom, des fameux conseils de quartier déjà mis en place sous les différentes mandatures de Gilbert Annette, mandatures auxquelles Ericka Bareigts a grandement participé.
C’est dire si elle connait la musique.
Une idée louable vite dévoyée
L'idée de l'équipe de Gilbert Annette, dont Ericka Bareigts faisait partie, était louable. Elle a d'ailleurs été reprise, sous des formes diverses, par de nombreux autres candidats : être à l'écoute des citoyens des quartiers, leur donner la parole et allouer un budget aux différents conseils de quartiers leur permettant de réaliser les petits travaux de proximité à même d'améliorer la vie des habitants.
Qui connait mieux ce qui est bon pour un quartier que ses habitants?
Pour y arriver, Gilbert Annette avait prévu la création de 19 conseils de quartier dotés d'un budget de 2 millions d'euros, et gérés par des membres tirés au sort.
Malheureusement, la bonne idée a vite été dévoyée.
Des potiches sans réels pouvoirs
Les membres de ces comités de quartier se sont vite rendus compte qu'en fait, il n'étaient que des paravents, des potiches sans réels pouvoirs, pendant que les décisions se prenaient ailleurs.
Les travaux qu’ils demandaient n'étaient pas réalisés et par contre, ils voyaient leurs budgets débités débités du montant de travaux effectués sans leur accord, en violation des engagements pris, sur l’unique intervention de l’élu du secteur.
Et pour des raisons souvent clientélistes, pour ne pas dire électoralistes.
Un kiosque de 32.000€ offert à un forain
Prenons l’exemple du comité de quartier du centre-ville de Saint-Denis. Lors de la réunion du comité de quartier du 8 octobre 2019, ses membres sont obligés de faire noter au procès-verbal que, "pour des questions de transparence et pour ne pas que d'autres personnes extérieures au conseil, comme cela s’est fait cette année, fassent valider au nom du conseil de quartier du centre-ville un projet n'émanant pas du conseil lui-même (projet kiosque), que les fiches de demandes de travaux de proximité soient soumis au vote des membres du conseil pour validation avant transmission à la DPC" (la direction des projets citoyens).
Ils avaient en effet eu la surprise de découvrir que la construction d’un kiosque, d’un montant de 32.000 euros avait été effectuée à la demande de Philippe Naillet, l’élu du quartier, sur le budget du comité. Un kiosque destiné à un des forains de la rue Maréchal Leclerc.
45.700€ pour un carrefour que personne n'a demandé
Depuis quand une mairie dépense-t-elle de l'argent public pour faciliter le travail d'un commerçant en particulier? Bénéficie-t-il d'une AOT (autorisation d'occupation temporaire du domaine public)? Paie-t-il un loyer pour ce kiosque? Et pourquoi n'a-t-il pas fait comme les autres commerçants à côté qui eux, ont acheté leurs kiosques? Qu'a promis ou donné ce commerçant pour être ainsi privilégié?
Mais cette exigence des membres du comité était loin d'être suffisante pour calmer les ardeurs de Philippe Naillet.
En décembre 2019, lors d'une nouvelle réunion, les membres du même comité ont été obligés de réclamer la mise à disposition du budget qui leur avait été promis car ils ne connaissaient toujours pas son montant ni ce qui avait déjà été dépensé. Et cela alors même que tout ce qu’ils avaient demandé leur avait été refusé.
Ce qui fait dire à un de ses membres : "On est là pour faire joli. Aucun des travaux imputés sur notre budget n’a été demandé et approuvé par le conseil. Et là on découvre encore 45.700€ pour un carrefour qu’on n’a jamais demandé et jamais débattu en conseil, imputé sur le budget de notre conseil".
Après le kiosque, un carrefour, apparemment pour faire plaisir à un restaurateur du coin, ami de Philippe Naillet et de la municipalité...


