Dégâts sur la santé et l'environnement des dépôts sauvages: Le gouvernement interpellé

Je souhaiterais attirer votre attention sur la persistance de décharges sauvages et de centres de stockages mal gérés à La Réunion et plus généralement dans l’ensemble des territoires ultramarins.
Si, les départements d’Outre-mer évoquent plus souvent dans les imaginaires collectifs des paysages idylliques que montagnes de déchets, on constate à quelques kilomètres des plages de sables fins et des sentiers de randonnées, de trop nombreuses décharges sauvages.
Insulaires pour la plupart, les territoires ultramarins sont dépendants des importations pour une partie des biens de consommation et du matériel de construction, et avec ces dernières, les déchets.
De même, le mode de consommation de nos concitoyens ultramarins s’est progressivement rapproche de celui des habitants de l’hexagone ces dernières années.
Néanmoins, dans tous les Outre-mer, plusieurs sites de décharges sauvages continuent d’être alimentés et l’absence d’accompagnement de ces territoires dans la mise en place de filières de recyclage efficaces, comme l’inadaptation pour ces territoires des règles européennes issues de la Conférence de Bâle freinent la gestion saine et durable des déchets.
Pourtant, les consommateurs ultramarins participent au même titre que les hexagonaux au financement de ces dispositifs, en achetant par exemple des produits étiquetés du Point Vert d’Eco-emballages.
Aussi, alors que l’État avait inscrit dès 2009 dans la loi Grenelle 1 l’objectif de « gestion exemplaire des déchets en Outre-Mer à l’horizon 2020 », ce fléau qui des décharges sauvages pullule dans les territoires ultramarins et provoque pollutions, maladies et dégradations du paysage.
Aussi, alors que les maladies vectorielles, comme la dengue, continue de frapper certains Départements et Collectivités d’Outre-mer, ces décharges sauvages favorisent le développement des moustiques porteurs de ces maladies vectorielles.
Les conséquences sanitaires sont intolérables pour nos compatriotes, avec la diffusion des lixiviats dans les cours d’eau et les nappes phréatiques, et ce alors que les habitants de ces territoires ont déjà accès à une eau de moins bonne qualité qu’en métropole.
Ainsi, je déplore que mes amendements sur le projet de loi relatif à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique et sur le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire n’aient pas été adoptés.
En effet, augmenter les peines contre ceux qui commettent ces incivilités, développer la coopération régionale dans la gestion des déchets, confier davantage missions dans ces territoires à l’ADEME, et dresser un état des lieux sur l’organisation et les infrastructures de gestion et de recyclage des déchets dans les départements et les collectivités d’Outre-mer me semblaient pertinentes.
Dès lors, Madame la Ministre, je vous serais reconnaissante de bien vouloir m’informer des mesures que le gouvernement compte entreprendre pour juguler ce phénomène des décharges sauvages, néfaste pour la santé des populations nocif pour l’environnement et illégal.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Madame la Ministre, l’assurance de ma très haute considération."
Nadia Ramassamy


