Le PCR envisage un congrès extraordinaire pour cette année

Le PCR va-t-il ou peut-il encore rebondir après l'échec des Régionales ? La réponse est simple pour certains militants : oui si les caciques du parti et Paul Vergès veulent bien laisser un peu de place et quelques fonctions politiques et électorales aux forces vives qui ont fait ce parti et qui, malgré une mise en l'écart souvent déguisée, constituent toujours la base du PCR.
“Ce n'est pas la première défaite du PCR et de Paul Vergès”, a expliqué Elie Hoarau. C'est vrai. Mais celle-là est sans conteste la plus inattendue et l'une des plus cinglantes pour le patron emblématique du PCR et de l'Alliance. Paul Vergès était sûr de sa victoire (Pierre Vergès à la 21e position). Ceci étant, certains sondages et la presse l'ont aussi conforté dans cette attitude. Il y a eu en partie un lien de cause à effet.
Paul Vergès a fait preuve de prétention et d'arrogance lorsqu'il a fait sa liste : il a oublié ceux qui incarnent aujourd'hui l'avenir du PCR : Huguette Bello (députée-maire), Fabrice Hoarau (fils de Claude Hoarau, maire de Saint-Louis), Eric Fruteau (maire de Saint-André), des cadres du parti très méritants et les militants fidèles absents de la liste ou relégués dans les profondeurs. Et ce n'était pas la première fois.
La précédente occasion manquée a été le Congrès du PCR, qui célébrait également le cinquantenaire du parti. Plusieurs semaines auparavant, Paul Vergès et Elie Hoarau répétaient : “il faut passer le relais à une autre génération, il faut un rajeunissement des cadres”.
Tout le monde y a cru. Résultat : Elie Hoarau, 72 ans, a été réélu secrétaire général du parti, et désigné candidat aux élections européennes. Et Paul Vergès, 85 ans, voulait se succéder à lui-même à la présidence de la Région Réunion. Ce prochain congrès, s'il a lieu, devra-t-il juste servir à élire Paul Vergès qui aura alors 86 ans, sénateur l'année prochaine ?
Attention pas d'amalgame ! L'âge n'est pas un obstacle en soi, mais il le devient lorsqu'il empêche - de manière parallèle - l'émergence de forces vives sensées incarner l'avenir. A terme, ce fait a eu une incidence surprenante sur le parti politique le plus discipliné de La Réunion : de l'indiscipline lors de ces récentes Régionales. La discipline, même si elle avait été en partie de façade, avait tout de même primé en mai 2009 lors du Congrès du cinquantenaire du PCR.
Alors que peut apporter un congrès extraordinaire cette année, surtout après la cuisante défaite des Régionales ? Même si Paul Vergès n'a pas perdu son aura, son autorité sur le PCR et l'Alliance en a pris un coup. Mais ce n'est pas le plus important, car l'essentiel n'est-il pas une nécessaire remise en cause, avant une reconstruction en profondeur ? Mais sur quels projets et avec qui ?
Qui a suffisamment de charisme, de crédit et d'autorité pour d'abord faire la transition avec les caciques actuels, puis reprendre seul(e) le PCR ? A chaque fois que cette question est posée, un même nom revient : celui d'Huguette Bello. “Nous allons voir quelle carrière elle va faire”, a dit hier sur Antenne Réunion Elie Hoarau. Sans commentaire !
Il y a aussi la place que doivent prendre, de manière significative cette fois-ci, Eric Fruteau, Maya Césari, Pierre Vergès, Aline Hoarau, Fabrice Hoarau, Sylvie Mouniata ou encore Maurice Gironcel. Il y a également la place à donner aux militants fidèles qui ont fait ce parti et qui sont toujours le socle du PCR. Il ne s'agit pas de les oublier parce qu'il n'y a plus de vignettes à vendre à la fête de Témoignages, ni de fête de Témoignages.
Un congrès extraordinaire n'aura de sens que s'il prépare et permet une seconde vie au PCR, c'est-à-dire le PCR de l'après Paul Vergès. Du moins si Paul Vergès veut vraiment qu'il y ait un PCR après Paul Vergès...


