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Ste-Marie: Richard Nirlo bousculé par l'opposition sur les dérives du CCAS

Ecrit par Samuel Irlepenne – le mardi 5 novembre 2019 à 12H08

Les débats ont été très animés hier soir lors du conseil municipal de Sainte-Marie. Le maire Richard Nirlo et sa majorité se sont fait bousculer par l'opposition concernant les dérives du CCAS. La structure a vu son ancien directeur de 2006 à 2018, Julien Mallin, ainsi que son ancien trésorier Fred Turpin être [placés en garde à vue la semaine dernière pour s'expliquer sur le déficit de 1,2 million d'euros enregistré fin 2018 par le CCAS]urlblank:https://www.zinfos974.com/L-ancien-directeur-et-l-ex-tresorier-du-CCAS-de-Ste-Marie-places-en-garde-a-vue_a145887.html . Si Richard Nirlo assure avoir pris toutes les mesures nécessaires pour sortir le centre de cette mauvaise passe, l'opposition regrette "l'inaction" du maire durant toutes ces années. Et parle même de "double peine" pour les Sainte-Mariens après que la majorité ait voté une rallonge de 1,2 million d'euros, retirée des résultats excédentaires du budget de l'eau, une compétence qui sera transférée à la Cinor au 1er janvier 2020.

En avril 2018, sept élus de la commune, membres du conseil d'administration du CCAS, avaient dénoncé la gestion de l'établissement par son directeur, lui valant un licenciement. Julien Mallin roulait dans une coûteuse voiture de sport payée par le CCAS, lorsque les comptes de l'établissement public dédié à l'action sociale étaient archi déficitaires.

Tout en reconnaissant les graves dérives du CCAS durant ces années, Richard Nirlo est resté droit dans ses bottes face aux critiques de l'opposition, représentée par Christian Annette et Céline Sitouze. "À l'heure où je vous parle, les deux personnes mises en cause dans cette affaire ont été remises en liberté sans mise en examen (…) Si la justice décide le renvoi de cette affaire devant le tribunal correctionnel, elle le fera, mais à l'heure où je vous parle, les deux personnes incriminées doivent bénéficier de la présomption d'innocence", a indiqué le maire de la commune.

L'opposition invite Richard Nirlo à se porter partie civile

Un plaidoyer qui "n'a pas de poids" pour Christian Annette, qui rappelle à Richard Nirlo avoir alerté la majorité d'alors sur les graves dysfonctionnements du CCAS, et ce dès 2008. "C'est de notre argent dont il s'agit. Vous êtes le premier défenseur des intérêts des Sainte-Mariens. On ne peut pas dire que vous n'étiez pas au courant de ce qui se passait"(Richard Nirlo était alors 1er adjoint de la commune, ndlr), a déclaré l'opposant.

"Êtes-vous complice ou êtes-vous victime?", s'interroge Christian Annette, qui demande à Richard Nirlo de se porter partie civile s'il s'estime floué dans cette affaire.

"Vous permettez à des mercenaires de nous faire les poches", ajoute pour sa part sa collègue de l'opposition, Céline Sitouze. "Je vous demande comme nous tous de constituer partie civile. Mais il ne faut pas faire de ces deux agents incriminés des boucs-émissaires. Ils ont signé, mais vous aussi !", poursuit la candidate aux prochaines municipales.
 
Une demande à laquelle Richard Nirlo dit y réfléchir s'il se retrouvait "obligé de le faire". "Je ne suis ni juge ni procureur, tout comme vous", a lancé le premier édile sainte-marien à ses détracteurs.

Mais plus que la réaction tardive de la part de la majorité sur les dysfonctionnements du CCAS, c'est sur la manière dont le déficit du CCAS a été comblé qui inquiète l'opposition. En effet, la majorité a adopté lors de ce conseil une avance de 1,2 million d'euros plus une participation de 150 000 euros supplémentaires à destination du centre pour 2020.

"Une double escroquerie et une double peine pour les Sainte-Mariens"

Un montant prélevé sur une partie des résultats excédentaires du budget sur l'eau, une compétence qui sera transférée à la Cinor au 1er janvier 2020. Un "tour de passe-passe" pour Céline Sitouze et Christian Annette. En effet, ces derniers estiment que le prélèvement opéré du budget de l'eau vers le budget principal n'a pas de fondement légal car selon eux les travaux d'investissement en eau sur la commune n'ont pas été réalisés au préalable. "Chacun a compris que cette délibération n'avait qu'un seul but: se faire une petite recette de fonctionnement. Mais c'est gros doigt. Il y a une double escroquerie et une double peine pour les Sainte-Mariens. Souplesse ne veut pas dire transgresser la loi", argue Christian Annette.

"Faux", répond Richard Nirlo qui assure que la commune a récemment réalisé ces travaux avec la mise en place d'une station de potabilisation ou encore la mise en service du réservoir de Piton Caillou. "Je n'ai pas de leçons à recevoir de vous", reprend le maire -et candidat à sa succession- qui donne rendez-vous à ses détracteurs pour une campagne qui s'annonce à n'en pas douter très disputée à Sainte-Marie…

 

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