La production réunionnaise se serre les coudes face à la baisse des subventions

Face, d’une part, à la volonté affichée du Gouvernement de remettre en cause les dispositions particulières et les mesures spécifiques à notre territoire et, d’autre part, aux impasses dans lesquelles l’Etat entraine aujourd’hui les filières agricoles, canne sucre, fruits et légumes, d’élevage, de la pêche, de l’agro-alimentaire et de l’industrie, ces dernières ont décidé collectivement de se mobiliser sous la bannière « Production Locale Réunie ».
La Production Locale Réunie a décidé d’agir pour faire cesser l’indifférence totale de l’Etat face au danger de déstabilisation du modèle économique de La Réunion. Elle a également interpellé en fin de semaine dernière, par un courrier commun, l’ensemble des élus réunionnais pour les associer à cette démarche.
Baisse des soutiens effectivement payés aux filières animales, entrainant un manque de 1,5M€
Les filières animales réunionnaises ont demandé aux autorités nationales une enveloppe budgétaire de 23,8 millions d'euros pour l’exercice 2018. Les autorités françaises ont informé les professionnels de l’absence de budget suffisant pour couvrir l’ensemble des besoins des professionnels de l’élevage, prétextant une consommation des enveloppes des autres DOMs / filières.
Si les filières animales avaient pu se développer, et s’inscrire dans une dynamique de progrès (DEFI Responsable), c’était grâce notamment aux soutiens POSEI permettant de compenser les handicaps structurels de nos territoires (éloignement, insularité, etc.). Ces soutiens, étant couplés à la production pour permettre notamment une logique de projets sur le territoire, augmentent nécessairement avec la progression et la dynamique instaurée par nos filières.
Jusqu’à maintenant, les dépassements budgétaires avaient été couverts : c’est la première année que l’Etat ne soutiendra pas totalement les filières animales réunionnaises, remettant en cause notamment le revenu des éleveurs de La Réunion.
Enfin, si des solutions ne sont pas trouvées à court terme (paiement total pour 2018, engagement pour 2019 puis augmentation du CIOM pour 2020 et après), les filières animales, en responsabilité, devront choisir entre baisser le revenu des éleveurs, ou augmenter les prix des produits aux consommateurs. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est absolument pas la volonté des professionnels et le contexte social de La Réunion ne le permettrait pas.
La Production Locale Réunie : ADIR, ARIBEV-ARIV, ARIC, ARIFEL, ARIPA, Avi-Pôle Réunion, Chambre d’agriculture de La Réunion, CFS, CPCS, CPLR, CPPR, FRCA, SICALAIT, SICAREVIA, Syndicat du Sucre, Urcoopa


