Daniel Alamélou : "Le tarif de l’eau pourrait doubler à Ste-Suzanne"

"Lors du conseil municipal, le maire de Ste Suzanne a précisé qu’il garderait l’excédent du budget annexe de l’eau pour désendetter la commune. Le problème c’est que lorsqu’on transfère une compétence à la CINOR, elle hérite également des dépenses et des dettes."
Selon Daniel Alamélou, si ce budget spécifiquement dédié à l’eau n’est pas lui aussi transféré dans les caisses de la CINOR, la communauté d’agglomérations n’aura alors pas d’autre choix que d’augmenter le tarif du précieux liquide.
C’est notamment ce que démontre une étude réalisée par deux bureaux indépendants, mandatés par la communauté d’agglomérations : "L’étude prévoit une forte augmentation de l’investissement pour l’eau potable de la commune dans les trois prochaines années, à hauteur d’environ 1,5 million d’euros par an".
Rien d’étonnant selon Daniel Alamelou : "1 million de mètres cubes d’eau disparaît dans les canalisations de Sainte-Suzanne tous les ans. C’est dire l’état dans lequel elles se trouvent !" Ces infrastructures ainsi que le réseau vieillissant de la commune devront bien être rénovés, et quelqu’un devra bien payer pour les travaux…
Si la mairie n’y contribue pas en cédant l’excédent du budget annexe pour lequel les Saintes-Suzannois ont déjà payé, on vous laisse deviner où la CINOR pourrait aller chercher l’argent … Selon cette même étude, le prix de mètre cube d’eau pourrait alors dépasser 3 euros à Sainte-Suzanne.
Pour conserver l’excédent, il faut être un "bon élève"
"Le bon élève c’est celui qui a déjà bien investi, et dont la commune a déjà des infrastructures adéquates dans l’ensemble des quartiers, et ce n’est pas le cas à Sainte-Suzanne", explique l’élu de l’opposition. Or, la loi NOTRe n’autorise que les "bons élèves" à conserver leur budget annexe de l’eau lors du transfert vers la communauté d’agglomérations.
"Les usagers pourraient très bien s’organiser en collectif et se saisir des tribunaux compétents. Et les élus à l’origine de cette décision pourraient demain se retrouver dans une situation inquiétante pénalement", affirme Daniel Alamélou.


