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Mohamed n'a pas de problème avec l’autorité et la justice mais avec "l’abus"

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 5 avril 2019 à 14H14

A la barre du tribunal correctionnel jeudi, Mohamed s’agite, coupe la parole, se répète… L’homme de 51 ans, installé à La Réunion depuis 30 ans, est accusé de plusieurs infractions pour certaines commises ici, pour d’autres à Tourcoing alors qu’il est retourné auprès de sa mère malade. Tel le fils prodigue, lui ,dit-il, prend soin de sa mère et son frère "squatte". La cohabitation avec les deux frères est difficile. Le 31 mai 2018, ils en viennent aux mains. Son frère Mustapha est blessé à la joue et au nez. Mohammed le menace de mort, un couteau à la main. La police, une fois sur les lieux, retrouve le couteau et indique dans son rapport que le mis en cause reconnaît chaque fait. Mais Mohamed a une tout autre lecture des faits. Il a menacé son grand frère mais pas de mort et pas avec un couteau mais le dos d’une cuillère…

Les deux frères s’accusent, derrière le souci du bien-être de leur mère, d’avoir un intérêt financier. Selon les déclarations de Mustapha, le petit dernier de la fratrie est "un individu dangereux fiché S". 5 jours après la bagarre, la mère est décédée. 

Fiché S, le fils de Mohamed l’est au moment des faits, accusé d'apologie d’actes terroristes. Averti que sa progéniture aurait été agressée, incarcérée à la prison de Riom en octobre 2016, le sang du quinquagénaire n’a fait qu’un tour. Inquiet, Mohamed appelle depuis St-Pierre la prison pour s’enquérir de l’état de son fils. Nullement rassuré par les propos de l’agent pénitentiaire qu'il a à l’autre bout du fil, Mohamed dérape. "Mon fils devrait se rapprocher de la communauté pour trancher des jugulaires", aurait-il lancé. 
Toujours aussi prolixe, il reconnaît, hier, face à la justice, la menace à l'encontre de l'agent "de le traîner devant le tribunal et si Dieu le veut viendrait lui rendre des comptes". Deux jours après, Mohamed a rappelé pour s’excuser. 

Plusieurs mentions figurent à son casier judiciaire notamment pour violences, outrages ou conduite sans permis. L’homme a un tempérament vif. "Je n’ai pas de problème avec l’autorité et la justice mais avec l’abus d’autorité et de la justice", lance-t-il. 

La dernière affaire concerne de fausses déclarations pour obtenir les APL. 

Si Mohamed a été relaxé des faits de menace de mort à l'encontre de l’agent pénitentiaire au bénéfice du doute, il a été reconnu coupable des menaces et violences contre son frère et de déclaration fausse ou incomplète pour obtenir d'un organisme de protection sociale une allocation ou prestation indue. Le tribunal a prononcé 4 et 2 mois d’emprisonnement.

 

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