Ceux qui travaillent pour Noël ...
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Gendarmes, personnels d'aéroport et de stations-service, médecins, infirmiers, ou restaurateurs, voilà des professions qui doivent parfois travailler lorsque la plupart des gens ne le font pas. Le jour de Noël, par exemple, est l'occasion par excellence pour les réunions de famille. Même si quelques mères et pères de famille parviennent à se faire remplacer en cas de besoin, que ce soit au réveillon le soir du 24 décembre, ou le 25, certaines personnes seront au travail. Ce n'est pas toujours une partie de plaisir quand les autres se reposent. Mais un 25 décembre au travail, c'est aussi toute une ambiance. D'après les personnes de corps de métier différents, c'est là un jour spécial, où l'ambiance de Noël et la convivialité qui lui est associée percent tout de même et viennent adoucir leurs obligations professionnelles...
Caroline, Margot et Brigitte, infirmières en clinique
Chez les infirmières, les plus jeunes essaient de remplacer leurs aînés qui aimeraient passer Noël avec leurs enfants. Brigitte par exemple, avoue s'être faite remplacer parce que "le travail oui mais la famille aussi c'est important". Margot et Caroline elles, qui ont laissé leurs familles en métropole pour venir travailler sur l'île, sont moins réticentes à travailler ce jour. Caroline, qui travaille aujourd'hui de 10h à 20h30, explique : "Je n'ai pas tellement de famille ici, donc ça me dérange moins. Et puis je suis jeune, travailler à Noël, ça me fait un peu d'argent en plus". Elle nuance pourtant: "Je préfère travailler à Noël qu'au Nouvel An, que je fêterai avec mes amis".
Du côté de l'ambiance au travail ce jour là, les avis divergent. Margot, jeune infirmière, dit se sentir quelque peu "mal à l'aise" vis-à-vis de ses patients. "Ce n'est pas marrant pour eux d'être seuls à l'hôpital le jour de Noël, c'est difficile", argumente-t-elle. Caroline, elle, voit moins ce côté-là, mais s'attache plus à la convivialité qui est de mise : "on a moins de patients que d'habitude, c'est une approche différente, on prend plus de temps avec eux, c'est particulier", dit-elle.
Échanger avec les patients, faire en sorte qu'ils se sentent moins seuls le jour de Noël... cela n'empêche pas Caroline d'avoir un pincement au cœur en pensant à sa famille : "ça fait bizarre quand même de savoir qu'en métropole ma famille fête Noël et que moi je suis là, mais bon, c'est un choix ..."
Joëlle, co-gérante de station-service
Dans les stations, on pense surtout aux services que l'on rend aux clients aujourd'hui. "On reste ouvert pour les clients fidèles, ils viennent acheter quelque chose qui manque, des glaçons, du charbon pour le barbecue, une baguette de pain, des gâteaux... on les dépanne, c'est aussi ça fidéliser le client", raconte Joëlle. Elle finit : "Le rapport avec le client est plus convivial, on se souhaite tous un joyeux Noël".
Pour elle, Noël n'est pas perdu même si elle travaille : "On a fait le réveillon hier soir, et puis aujourd'hui après le travail". Elle aimerait cependant pouvoir ne pas travailler aujourd'hui, mais "ne peut pas se le permettre". La raison ? La concurrence entre les stations-service. Joëlle déplore : "si mi rouv pa, mon camarade i mange dan mon zassiet, la concurrens lé rude". Quant aux employés, Joëlle avoue les laisser libre de travailler ou non ce jour-là.
Thomas, cuisinier
Rares sont les restaurants ouverts le 25 décembre. Parmi ceux-ci, les cuisiniers se démènent pour offrir à leurs clients un repas digne de ce jour de Noël. Parmi eux, Thomas, jeune cuisinier, qui relativise : "c'est dur mais c'est comme ça, et si on aime le métier ça va. Et puis c'est encore plus dur pour ceux qui ont des enfants, j'imagine, parce que c'est une fête de famille avant tout". Le jeune homme travaille aujourd'hui le midi, et le soir.
Il maintient toutefois que ce n'est pas le travail qui l'a empêché de fêter Noël : "Le soir du réveillon, travail ou pas, dur ou pas, j'ai fait la fête jusqu'à ce matin". Il a d'ailleurs fêté Noël aux fourneaux. "L'équipe était au complet, j'ai mis l'ambiance, emmené le champagne, c'est obligé!", s'enthousiasme Thomas. "Et après le service d'aujourd'hui, je vais chez de la famille, refaire la fête", conclut notre cuisinier.
Marie-France, agent de passage à l'aéroport
"Cette année ça ne me dérange pas de travailler le 25, vu que mes filles sont parties en métropole", raconte Marie-France, agent de passage chez Air France. La solidarité joue entre les membres de l'équipe, car elle a proposé elle-même d'échanger son jour de travail avec ceux qui souhaitent retrouver leur famille. "On travaille en décalé, on a l'habitude, tout est question d'adaptation", remarque Marie-France.
Aujourd'hui, elle travaille de 8h30 à 16h30, mais qu'à cela ne tienne, le réveillon aura lieu avec ses collègues après le service. Elle explique que la vingtaine de personnes dans son service s'organisera pour faire quelque chose : "Chacun va ramener quelque chose à manger, une bûche, des gâteaux".
Cela ne semble d'ailleurs pas déplaire à Marie-France de prendre son service le jour de Noël, au contraire: "C'est vraiment sympathique, les gens qui voyagent sont contents, les passagers sont plus détendus, c'est une toute autre ambiance". Selon elle, ils comprennent que ce n'est peut-être pas facile de travailler un jour comme celui-là. "Les passagers nous souhaitent un joyeux Noël et bon courage, c'est l'occasion d'échanger avec eux de la bonne humeur et des petits mots gentils, de petites attentions partagées, c'est sympathique", s'enchante-t-elle.
Damien, médecin à SOS Médecins
Pour les petits bobos du jour de Noël, vous êtes accueillis à SOS Médecins, qui assure la garde les soirs, dimanches et jours fériés. Damien, médecin, a pris son service à 8h et terminera à 20h. Une longue journée donc, mais qui ne le dérange pas plus que ça. "On est habitué à travailler les dimanches, les nuits, les week-end... ça a peu d'incidence pour moi, je fais ça depuis 11 ans", raconte le médecin.
Pour lui, pas d'ambiance particulière ce jour-là : "On se dit joyeux Noël, sans plus... pour moi c'est un jour comme un autre en fait. Et puis j'ai fait le réveillon du 24 et je fêterai aussi ce soir en rentrant. Mais le 31 décembre par contre, je quitterai mon collègue un peu plus tôt, car c'est assez calme".
Il se remémore des souvenirs de visites à domicile, il y a des années de ça. "Je me rappelle m'être rendu dans une famille qui réveillonnait, ils m'ont proposé de rester un moment, m'ont offert du gâteau et à boire, c'était vraiment très convivial", se rappelle-t-il.
Thierry, gendarme
A la gendarmerie, on explique qu'on a l'habitude de travailler à des horaires décalées ou les jours fériés. "Noël, c'est une journée normale de notre quotidien, on est toujours sur le qui-vive", soutient notre gendarme. Pas de baisse de la garde pour eux, mais au contraire, une attention particulière aujourd'hui. Selon Thierry, "les gens boivent beaucoup, le risque d'accident est multiplié".
Ça n'empêche pas que ce jour-là, l'ambiance est aussi à la fête : "Les gens évitent de venir au bureau, on est plus relax, on discute entre collègues. Mais le travail reprend vite le dessus avec les accidents". Et le réveillon ? "On a fait le réveillon le 24 au soir, et aujourd'hui, on était dispo au boulot à 9h. Mais notre métier est comme ça, on a signé pour ça, et puis on alterne pour les jours fériés, c'est chacun son tour", termine-t-il en souriant.


