Je suis un diplodocus, je crois…

Il m’arrive de plus en plus souvent de songer que je suis né 50 ans trop tard dans ce siècle.
Je ne m’y retrouve que très rarement ; je ne suis plus du tout en phase avec cette époque qui me révulse de plus en plus.
Qui plus est, je ne reconnais plus du tout mon île. Trop de monde, trop de violence, trop d’occidentalisation à marche forcée ! L’empathie a été chassée à coups d’euros. Avant, croisant un ami rue des Bons-Enfants, on bavardait sans tenir compte du temps qui passe. Aujourd’hui c’est plutôt coup d’œil au bracelet-montre et « Excuse-moi vieux, un rendez-vous urgent ! »
50 ans plus tôt, je serais peut-être allé sur les traces de Raymond Maufrais au pays de mon pote ti-Charles ? Ou dans quelque « Vallée infernale » jouer les Bob Morane au petit pied, va savoir ? A moins qu’un petit voilier, dans le sillage d’Alain Gerbault, « à la poursuite du soleil »… ?
Vieillir ne me gêne pas trop : c’est le meilleur moyen de ne pas mourir jeune, après tout. Et j’ai une chance : je ne vois pas vieillir mes amis. Je ne VOUS voit pas vieillir alors, ça m’aide à ne pas trop sentir mes rides. Quant à mes cheveux blancs, c’est mieux que de ne plus en avoir !
Ce lundi, ayez une petite pensée tendre pour votre ami qui emmerde les faquins et les pas drôles. Il en faut. Dimanche soir à minuit, j’entamerai ma soixante-neuvième année. J’espère qu’il y en aura encore tout plein… mais avec une tête potable qui me permette de continuer à emm…bêter les crétins qui nous gouvernent et continuer de vous amuser avec les souvenirs des sixties.
C’est pas vieux, 69, non ? J’ose même dire que c’est un bon chiffre… aaaaarrrrrggggg !
Votre pote JULOT


