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Les charlatans aveugles d'En Marche

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 27 avril 2017 à 15H04

Hegel nous  avait enseigné que  la dialectique correspondait  au  mouvement même de l'esprit. Cette force, nous avait il dit, est  le moteur interne des choses, qui évoluent selon les répétitions séquentielles du cycle : affirmation- négation- synthèse éphémère-nouvelle affirmation .

Marx et ses prosélytes  sont  allés plus loin. La dialectique s’imposait , selon eux, non pas seulement  au monde  des « idées »  mais plus « matérialistement »  au mouvement de l’histoire et  plus généralement à la réalité  quotidienne animée, de la même façon, par l’affrontement des oppositions  socio-économiques .

Dans le domaine  politique,  et tout au moins là  où le  cycle des alternances n’est pas entravé  par la main mise d’un clan sur l’appareil d’Etat , cette « dialectique » trouve  son expression institutionnelle  dans l’affrontement  de forces politiques  se faisant front et regroupées dans ce que l’on appelle une  « majorité »  et  une  « opposition » . Ce que l’on a appelé  la « lutte des classes »  n’est que l’expression exacerbée et  conflictuelle   de cette dynamique. Notre système parlementaire privilégie,  heureusement , une approche  plus apaisée  de la résolution des  conflits  , à la  condition bien entendu  que le processus  d’élaboration des lois garantisse  , par le débat  , la  confrontation préalable des points de vue . Le résultat ( la loi votée )   n’est dès lors que le sous produit de la démarche   ( le débat  contradictoire ).

Macron   et sa bande de marcheurs , qui ne vont nulle part et vont  vite  tourner en rond,  prétendent   désamorcer ce mouvement dialectique . Sont-ils fatigués d’avoir à assumer  cette condition matérialiste  de l’histoire ? Ne sont-ils pas  plutôt  au fond  des gens pressés et cyniques qui veulent accélérer à leur profit  le cycle et passer devant la file ?

Ils ont  donc  imaginé d’en  finir avec l’antithèse et d’en venir  directement  à la  synthèse , dont ils seraient  les producteurs  permanents  , vendant  leur camelote  idéologique directement  aux  consommateurs  citoyens désemparés.  Plus de débats  puisque  le compromis  est établi a priori , dans les coulisses et selon des alliances de  circonstances.

 Les présidentielles auront servi de décor.  On aurait pu  s’attendre  à une alternance   normale et assumée entre la Gauche  et la Droite. La Gauche  ayant failli, le témoin aurait du être passé loyalement  et civilement à la Droite .

Macron et les siens ont décidé  de renverser la table . Un grand  festival !

Après  un premier  tour  bidonné dans la  confusion par les tenants du système pour leur seule  cause,  la lutte des classes ressurgira politiquement à la faveur du duel de second tour qui va donc opposer le libéral Emmanuel Macron à la souverainiste Marine Le Pen.

L'électorat de Macron réunit la France qui va bien et même de mieux  en mieux , la France optimiste, la France qui gagne bien sa vie, la France qui n'a besoin ni de frontières ni de patrie, parce qu’elle est partout  chez  elle . Cette France se déclare  «ouverte» et «  libertaire »   parce qu'elle a les moyens de jouir  de cette ouverture et de cette liberté.

Dans le camp d’en face  , la France de Marine Le Pen est la France qui souffre,  qui s'inquiète. Son horizon ce sont ses  fins de mois . Elle est révoltée  de tant d’injustices  . Elle gronde face à l'incroyable arrogance de cette bourgeoisie des beaux  quartiers qui lui donne des leçons « d'humanisme » et de « progressisme »  . Forcément  cette France  là ne voit le progrès  qu’à reculons et l’ humanité  que comme une forêt hantée de loups .

Se dessine déjà le  nouveau  scénario , dont Pierre Lellouche  , député  républicain qui  vient  d’annoncer son retrait de la  vie politique , nous présentait hier les  contours.

A peine  et prétendument abolie  la frontière  entre la  droite  et la  gauche, se reconstitue, sur la droite,  une nouvelle  force  d’opposition qui va revendiquer  désormais le monopole  de la  contestation contre l’UMPS  . Elle cristallisera  cette  fois  autour du FN, qui n’en attendait pas tant .

Décidément  ces idiots utiles de l’UMPS vendront au FN , comme  l’énonçait un propos  prêté  à Lénine, « la  corde  avec laquelle ils seront pendus ».

Macron  le prétentieux n’a aucune  vision de l’histoire. Il n’a  de  vision que  de  son histoire  et de celle de Brigitte,  qui nous disait  il y a peu  que  c’était  pour elle  l’occasion ou jamais  d’accéder au pouvoir   parce que  dans  cinq ans  elle ne serait plus aussi présentable .

Macron a ouvert la  boîte  de Pandore  et il n’en sortira  que des malheurs. La presse , inconsciente ,  après  avoir mis  à mort Fillon et balancé du même coup la « dialectique » Droite – Gauche  pressent  désormais  mais  trop tard le désastre. Elle s’active maladroitement  a réparer les dégâts .

Comparaison n’est évidemment pas  raison  mais  on est frappé  par les similitudes entre ce  que la France  vit   : crise  économique  profonde , endettement  qui prive les pouvoirs publics  de toute marge de manœuvre, chômage de masse  , pauvreté, crise morale , disqualification  de la classe  politique  et  ce  qu’a vécu l’Italie  dans les années 20 et l’Allemagne  une décennie plus tard.

Preuve  ultime  de l’entourloupe des Marcheurs : demandez  leur  si chez  eux on a  institué l’autogestion citoyenne  ouverte  , la transparence  qu’ils invoquent et le débat permanent. Vous les verrez  pâlir.

Eh bien  je  vais vous livrer un secret  ! Chez  En Marche , on ne pratique pas  plus qu’ailleurs le tirage  au sort des responsables  , on n’y conçoit pas plus  les projets au terme d’un processus de démocratie participative  . Au contraire , là comme ailleurs et sans doute pire qu’ailleurs , il  y a ceux  qui  commandent et ceux  qui doivent suivre ; il y a ceux qui  tirent les ficelles et ceux  qui les ont  à la patte. On n’a jamais  à vrai dire  conçu  un système  plus centralisé qu’En Marche . Forcément  n’avoir aucun militant   encarté  est  bien  plus commode  que de réunir un congrès, même bidon, comme  au PS, ou d’organiser des primaires.

Que la fête commence ! Nous allons dans quelques  jours  assister  aux pires  combinaisons de la  5 ème  république.

Je fais le pari que notre constitution n’y survivra pas.

 La Réunion  non plus d’ailleurs. Regardez,  pour  vous en convaincre,  quels sont les premiers  ralliés locaux d’En Marche  : nos « progressistes »  en  chefs de  Saint Denis , de Saint Leu  et de la  CINOR . Jetez donc  un œil  sur la manière  dont  ils gèrent,  en petits dictateurs, leur collectivité  et  vous mesurerez l’idée  qu’ils se font   du  compromis . Edifiant ! 

La Réunion  aura  donc  connu  deux  séismes en  2017  : la mort de Paul  Vergès  qui a laissé  plein d’orphelins et l‘abolition de la «dialectique politique » .

 

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