Revenir à la rubrique : Société

Les turbulences se poursuivent à Air France-KLM

La crise se poursuit pour Air France-KLM. La compagnie, qui a connu en 2008-2009 ses premières pertes depuis 1993, a annoncé ce mardi un déficit d’exploitation de 543 millions d’euros pour son premier semestre. Le chiffre d’affaires, de 10,7 milliards d’euros, plonge de près de 20%. En cause, la conjoncture qui fait chuter l'activité. La compagnie compte sur son plan d'économie ainsi que sa nouvelle offre moyen-courrier pour passer le cap de la crise et retrouver un équilibre opérationnel. La société Air France KLM adresse ici les questions de la presse, posées lors de la conférence présentant les résultats semestriels de la compagnie, qui s'est déroulée mercredi 18 novembre à Paris. Les réponses de la compagnie ont été validées par Pierre-Henri Bourgeon, le directeur général d'Air France.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 20 novembre 2009 à 09H25

Quels sont vos objectifs en termes d’effectifs pour 2011 ?

Pour Air France KLM, nous n’avons pas chiffré les objectifs pour 2011. Au 31 mars 2010, nos prévisions tiennent compte des mesures mises en place au cours des dernières années dont la mobilité professionnelle et les départs en retraite naturels. Ces efforts seront poursuivis chez Air France, dans le cadre du plan de départ volontaire, ainsi que chez KLM pour que les deux compagnies évoluent de manière parallèle.

Quel est le bilan des couvertures carburant sur plusieurs années ?

Ce bilan est globalement positif. Au 31 décembre 2008, le gain sur dix ans était de 5 milliards de dollars. Au 31 décembre 2009, il sera d’environ 4,2 milliards de dollars.

Comment avez-vous réduit vos coûts, en l’absence de croissance ?

Dans le transport aérien, les coûts fixes représentent 50% des coûts. Quelle que soit la diminution de vos capacités, ces coûts fixes ne diminuent pas. Avec une croissance de 3-4%, on peut réduire les coûts de 2 à 3%. Au cours du deuxième trimestre de l’exercice en cours, nous avons réduit nos coûts unitaires de 3,8%, ce qui implique un changement des modes de travail, dans le cadre des pactes sociaux et des cultures propres à chaque entreprise.

Quand pensez-vous revenir à l’équilibre, en incluant les couvertures carburant ?

Nous avons indiqué qu’en écartant l’effet carburant, Air France KLM retournerait à l’équilibre pour l’année 2010-11. En intégrant ces couvertures, le retour à la profitabilité interviendrait en 2011-12, moment où nous profiterons à plein de nos efforts de restructuration. 2010-11 sera donc une année de transition.

Les redevances aéroportuaires pourraient être revues à la hausse. Allez-vous exercer une pression pour limiter cette hausse ?

Dans notre activité, nous payons des redevances aéroportuaires, principalement dans nos deux bases de Paris CDG et Amsterdam Schiphol. Nous essayons d’exercer la pression la plus amicale qui soit pour expliquer aux opérateurs aéroportuaires ainsi qu’à la navigation aérienne qu’en tant que compagnie aérienne, nous ne pourrons accepter une hausse tarifaire dans une conjoncture très difficile. Cette décision est dans les mains du régulateur qui, je l’espère, nous entendra.

Vous avez l’intention de densifier vos cabines moyen-courrier.  Allez-vous diminuer le pitch chez Air France ?

Non, par densification de la cabine, nous voulons dire que nous utilisons mieux l’espace en supprimant certains meubles ou équipements par exemple. Ceci n’aura pas pour conséquence une réduction du pitch.

Que signifie l’interchangeabilité des hubs dans l’activité cargo ?

Si vous êtes un industriel européen et souhaitez exporter vers la Chine par exemple, peu vous importe si vos marchandises transitent par Paris-Charles de Gaulle ou par Amsterdam-Schiphol. Vous choisissez Air France KLM car vous y bénéficiez d’une qualité de service, d’un tracing de vos marchandises jour après jour, heure par heure. A nous de nous organiser pour que ceci soit transparent pour le client.

Allez-vous transférer toutes les activités cargo chez Martinair ?

Non. Nous avons besoin d’avions tout cargo pour compléter l’exploitation des soutes de nos avions passagers et combi tant à Paris CDG qu’à Amsterdam Schiphol. Ceci nous permet d’offrir un maximum de destinations à nos grands clients.

Etes-vous satisfait de l’évolution d’Alitalia ?

Au niveau de la gestion générale, les résultats économiques d’Alitalia représentent une bonne performance, en ligne avec ses prévisions de 2008. Alitalia a bien résisté, ce qui prouve que son modèle est efficace. Le problème de la satisfaction client est au centre des préoccupations du management d’Alitalia : l’amélioration de la ponctualité, du service, … Très rapidement, les clients verront des améliorations.

SkyTeam est prêt à aider financièrement Japan Airlines. Quelle part reviendrait à Air France dans cette aide ?

Nous sommes à ce stade davantage dans l’expression d’une bonne volonté que dans la signature d’un accord précis. La décision est dans les mains du gouvernement japonais. Elle touche davantage à la relation entre la compagnie aérienne et le gouvernement japonais, qui décidera d’un plan de restructuration.

Air France va-t-elle contribuer financièrement aux recherches de l’épave de l’AF447 ?

Oui. Si le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses décide de reprendre les recherches de l’épave et des enregistreurs, nous avons indiqué que nous y contribuerions, aux côtés d’Airbus. Nous voulons mener tous les efforts pour trouver les enregistreurs et savoir ce qu’il s’est passé.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :