Paul Vergès poursuit Pierrot Dupuy pour atteinte à la dignité humaine

Pour l'avocat de Paul Vergès, Me Rémi Boniface, la responsabilité de Pierrot Dupuy est engagée. Il y aurait eu dans la vidéo où l'on voit Paul Verges se faire décapiter, "un contenu manifestement illicite". "On ne peut cracher sur les gens et prétendre ne pas le savoir", explique Me Boniface. Même si Pierrot Dupuy prétend n'avoir fait que son travail de journaliste et avoir seulement relayé une information qui circulait sur plusieurs sites internet, "c'est lui qui choisit de la mettre à la disposition du public" explique l'homme de loi.
Pierrot Dupuy de son côté répond avec des arguments juridiques : "Je ne suis ni le concepteur du jeu -il s'agit de Jacques Séguela- ni l'éditeur de la vidéo qui est le fait d'un internaute anonyme". Et il rebondit sur la jurisprudence "Poupées vaudou" pourtant avancée par Paul Vergès : "De quoi s'agit-il dans cette histoire de poupées vaudou? D'un individu qui a souhaité vendre des poupées représentant le président de la République, que l'on pouvait transpercer avec des aiguilles. La presse a relayé cette information et des milliers de journaux ont diffusé les photos des poupées, portant par là même atteinte à l'image du président de la République. Or, qui Nicolas Sarkozy a t-il poursuivi? Les journalistes? Non, il a poursuivi le créateur des poupées". Par extension, pour Pierrot Dupuy et ses deux avocats, Me Jean-Jacques Morel et Alain Rapady, si l'on fait application de la même jurisprudence dans cette affaire, Paul Vergès aurait du poursuivre Jacques Séguéla ou l'auteur de la vidéo mettant en scène Paul Vergès, et non pas le journaliste.
Un problème de droit a en outre été soulevé par le président Lavigne, qui a rappelé que le juge des référés ne pouvait intervenir que dans le cadre de l'urgence, pour faire cesser une action manifestement illicite ou pour empêcher qu'elle ne se produise. Or, dans l'affaire en cause, la vidéo a été retirée par le site "jetueunami.com" et n'est donc plus consultable. Comment dans ce cas demander au juge des référés de faire disparaitre un préjudice qui a déjà disparu, voire d'empêcher qu'il ne se reproduise, alors qu'il ne peut plus le faire puisque la vidéo n'existe plus...
Paul Verges demande un euro de dommage et intérêt au rédacteur en chef de Zinfos974.com. Le tribunal rendra sa décision lundi prochain à 14 heures.


