Abdul Cadjee : “La chute du mur de Berlin en 1989, c’était un vent de liberté comme en 1981”

Il y a 20 ans, jour pour jour, Abdul Cadjee, chef d’entreprises, a vécu cet événement historique “comme des millions de personnes en Europe et dans le monde. C’était la fin d’une époque et d’un cycle. C’était surtout une grande sensation de liberté, un peu comme ce que certains Réunionnais ont ressenti le 10 mai 1981, avec l’élection de François Mitterrand, à la présidence de la République”.
Une corrélation qui peut surprendre lorsque l’on sait que François Mitterrand a été l’un des rares dirigeants occidentaux, “à n’avoir pas vu venir la chute du mur de Berlin”. La destruction de ce mur entre l’Est et l’Ouest, a “sonné” la fin de la guerre froide, et celle de la course aux armements.
Le début de la réunification de l’Allemagne a conduit les Allemands de l’Est dans les industries de l’Allemagne de l’Ouest. Abdul Cadjee a eu l’occasion d’en rencontrer quelques uns lors de ces déplacements dans les usines automobiles allemandes.
“Il y avait deux choses qui m’ont marqué. Il y avait d’abord ce côté bosseur et hargneux. J’ai ressenti toute cette énergie longtemps retenue qu’ils voulaient libérer, et ce après tant d’années d’épreuves et de souffrances. Cette liberté nouvelle s’était transformée en une volonté de réussite sociale et professionnelle”.
“Malheureusement, il y avait aussi dans leur comportement un certain retard. Ce n’était pas le même fonctionnement. Ils étaient plus réservés voire coincés dans l’environnement où ils avaient vécu pendant des décennies. Ce qui est logique lorsqu’on sait qu’il faut parfois du temps pour apprendre ou réapprendre à vivre dans un environnement différent, s’adapter aux règles et aux coutumes des autres”.
“Cela est encore vrai aujourd’hui. L’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest mettront encore du temps, beaucoup de temps sans doute, pour bâtir l’Europe économique et sociale vers laquelle tend la plupart de ses dirigeants politiques”, a précisé Abdul Cadjee.


