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Saisie record d'héroïne à Ste-Rose : "Depuis quelque temps, on trouvait toutes les drogues qu'on voulait"...

Ecrit par zinfos974 – le samedi 12 novembre 2016 à 22H43

43 kg d'héroïne ! C'est de très loin la plus grosse saisie de drogue jamais opérée par les douaniers et les gendarmes à la Réunion. Elle a eu lieu [à bord d'un bateau mauricien, dans la nuit de jeudi à vendredi, dans le port de Sainte-Rose]urlblank:http://www.zinfos974.com/Ste-Rose-Interception-d-un-bateau-mauricien-avec-40kg-d-heroine-a-bord_a107523.html .

Une fois la nouvelle digérée, restent les interrogations...

D'où venait le bateau ?

D'après les premières informations recueillies peu après l'arrestation de la demi-douzaine de trafiquants, la drogue semblait provenir de Madagascar et être destinée à l'ile Maurice.

On en veut pour preuve que le bateau, le "Sweet love mama", était immatriculé au Morne, dans l'ile soeur, et qu'au moins un des trafiquants arrêté serait de nationalité mauricienne.

Il n'est guère étonnant que la drogue provienne de la Grande Ile. Les services des douanes et de la gendarmerie savent pertinemment qu'il existe une filière d'acheminement de la drogue en provenance du continent africain, avant de descendre vers Madagascar, pour arroser Mayotte, la Réunion et Maurice. A moins que la drogue n'ait été produite à Madagascar même, ce qui n'est pas à exclure.

Comment est arrivée la drogue jusqu'à la Réunion ?

Etant donné la taille du bateau, il est très peu envisageable qu'il ait pu effectuer la traversée entre la Réunion et Madagascar. Même s'il disposait de deux moteurs de 140 cv, on voit mal le "Sweet love mama" affronter les 800 km entre les deux iles, avec une mer démontée.

Reste alors l'hypothèse d'un "navire nourrice", plus gros, qui aurait ramené la drogue jusqu'à proximité de nos côtes, avant de la confier aux trafiquants.

A quel pays était destinée l'héroïne ?

Mais si tel est le cas, et si la drogue était bien destinée à Maurice, pourquoi le gros bateau n'est-il pas allé jusqu'aux côtes mauriciennes pour confier la marchandise à des pêcheurs locaux ?

Peut-être parce qu'ils pensaient que les côtes réunionnaises étaient moins bien surveillées que celles de Maurice, mais aussi et surtout parce que peut être qu'une partie de la drogue était destinée au marché réunionnais ? Les services spécialisés avaient remarqué que, depuis quelques temps, les consommateurs réunionnais avec lesquels ils sont en contact leur disaient qu'"on trouve toutes les drogues que l'on veut sur le marché".

Une situation préoccupante

Une chose est sûre en tous les cas : on assiste actuellement à une montée en puissance du nombre de consommateurs et de la quantité de drogue disponible sur le marché.

Dans le même temps, les services spécialisés de la police, de la gendarmerie et des douanes sont squelettiques.

Il ne faudrait pas que l'Etat attende que la situation devienne hors de contrôle comme en Guadeloupe pour se réveiller. C'est maintenant qu'il faut agir et renforcer les moyens des services spécialisés, en hommes et en matériel.

Il n'est par exemple pas normal que les Douanes ne disposent pas d'un patrouilleur pour aller contrôler en mer les bateaux qui passent à proximité de nos côtes.

Tout comme il n'est pas normal que les ports de la Réunion ainsi que les aéroports soient de véritables gruyères.

On a mis fin à une filière à Sainte-Rose. C'est bien, mais il faut être conscient que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg...

 

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