Que ces petites sources, fassent encore "un grand rivière" pour la CFDT
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L’auteur, nous raconte l’histoire d’une naissance difficile des syndicats sur notre Île. Que cette personne, que j’estime énormément, reçoive mes sincères remerciements et ma gratitude, car beaucoup auraient été fiers, me semble-t-il, de posséder un tel patrimoine sur leur table de chevet. D’ailleurs, ne dit-on pas "qu’oublier ses ancêtres, c’est un ruisseau sans sources, un arbre sans racines" !
En effet, M. Prosper Eve, manifeste comme toujours, une finesse dans ses recherches, une richesse dans son analyse et d’une intense source intarissable pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du syndicalisme à la Réunion. Car je reste persuader, que pour longtemps encore, la qualité de son travail demeurera une aide précieuse et peut être "prospère", pour nourrir la grande réflexion, de ce que sera le syndicalisme de demain. Au moment même, où la grande centrale de la CFDT ouvre son 15ème congrès.
Pourquoi tant d’émotions émergent-elles dans ce bouquin ? Cette lecture me renvoie aussi au "Travayèr Tabisman d’Stella" qu’était mon père vers les années 1937/38 et de beaucoup d’autres, voire moi-même dans les années 70 à 78 jusqu’à la fermeture de cette usine...
A travers ce livre, une passionnante histoire qui a pesé lourdement sur la société "post esclavagiste" et aussi après l’abolition de l’esclavage de 1848, période des grands chantiers administratifs, bien que ses descendants d’affranchis n’y seront pas admis pour travailler. "Outre le poids de l’esclavage, de l’engagisme et le fait religieux, les facteurs économiques et sociaux semblent avoir freiné l’éclosion du mouvement syndical et de son développement" écrivait M. Prosper Eve.
En fait, l’ouvrage relate que tout démarre le 3 mars 1912, lorsque des travailleurs Saint-Paulois menacés du chômage lors de la fermeture d’un grand chantier public, se rendent chez le gouverneur, pour lui présenter leurs récriminations et de solliciter son appui contre l’abus du patronat. Et c’est à ce moment précis dit-il que le syndicalisme naîtra de cette grande manifestation.
Ce sera le grand réveil de travailleurs fatigués d’être opprimés (monde de l’industrie sucrière et du monde de chemin de fer) et c’est en 1936 que le premier syndicat agricole joindra les deux premiers. On rapporte, qu’en 1912, sur 22 usines sucrières, une seule comptera des syndiqués (Ravine Creuse) avec 48 seulement syndiqués sur 267 travailleurs d’usine. Ce sera à partir de 1926 que les positions se durcissent au sein du monde des travailleurs manuels et les incidents éclatent dans la zone au vent et une nouvelle ère s’ouvre à travers une éclosion des syndicats sur toute l’Île.
Le grand tournant du mouvement syndical date réellement en 1936. On parle du FRT (Fédération Réunionnaise de Travail) et de la FNTR (Fédération Nationale des Travailleurs Réunionnais). La Loi du 19 mars 1946 donne une éclatante victoire aux forces progressives et les "syndicalismes se mettent à l’heure métropolitaine".
La CFTC s’implantera en 1946 sous la présidence du père J. Barassin, le syndicat CGT-FO en 1948 quant à la CFDT c’est en 1964. Et elle s’ancrera dans l’ensemble des secteurs par la suite. Après un contexte social difficile, à bout de souffle, les travailleurs font exploser leur colère à travers une grève en mai 1967, puis mai 68 deux dates qui marqueront encore un tournant dans l’histoire du mouvement syndical.
Presque qu’un demi siècle plus tard (45 ans) 1964-2009, la CFDT de la Réunion continue son bonhomme de chemin mais aura surement à cœur lors de ce 15ème congrès de revisiter ce profond malaise qui a fait naître "la synthèse des propositions des Etats Généraux de l’outre mer et de l’émergence d’un nouveau contrat social"…
C’est pour cela, que je souhaite de ces petites sources de réflexion de l’histoire, fassent demain encore, une grande rivière d’idées pour ce central syndical !
Jean Claude Comorassamy.
Ancien Travayèr Tabisman CFDT


