Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Crise dans l'éducation

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 22 octobre 2009 à 07H05

Aucune image à la une trouvée pour cet article.

La préférence régionale est un principe auquel on ne devrait pas s’opposer dans ces temps de crise, et ce surtout à la Réunion qui reste marquée par son insularité.

Malgré cela, dans le domaine de l’éducation, il faudrait préférer le terme de compétence régionale. En effet, nous vivons dans une ile où la grande majorité des élèves a pour langue maternelle le créole. Comment un professeur peut-il concevoir un enseignement sans maitriser les rudiments de base pour comprendre cette langue ? Combien d’élèves se sont sentis frustrés à l’idée de pouvoir répondre à une question tout en étant dans l’incapacité de l’exprimer correctement en français ? C’est un constat qui s’observe à tous les niveaux de la scolarité (dès la maternelle !) et qui peut avoir des conséquences désastreuses sur ces individus en devenir.

Le rôle du maitre serait alors d’adopter une pédagogie du langage adaptée au milieu créolophone dans lequel il enseigne. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Et pire encore, il semble que notre académie aille à l’encontre de ce principe en accueillant cette année un surplus de mutations venant de l’extérieur (70) au détriment de jeunes professeurs formés dans l’ile et laissés sur le carreau !

Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’une complainte du type "zorey déor" car la liste complémentaire des professeurs des écoles comprend plusieurs métropolitains vivants dans l’ile. Ces gens ne sont-ils pas aptes à enseigner dans un milieu où ils se sont imprégnés de la culture et de la langue ?

La jeunesse réunionnaise doit-elle systématiquement s’expatrier dans l’espoir de s’assurer un avenir professionnel stable sans garantie de pouvoir retourner sur la terre natale ? Pour l’instant, notre ciel s’assombrit de plus en plus…

Par ailleurs, ce problème peut réveiller une polémique plus large qui est le statut de fonctionnaire à l’ile de la Réunion. Les avantages à être mutés ici sont connus de tous : primes de vie chère, d’éloignement et bien d’autres, le soleil, la plage, les montagnes… Il est difficile de ne pas se laisser tenter, on oublierait même de travailler.

L’inverse est beaucoup moins jouissif : il faut savoir que les académies qui comptent le plus de postes aux concours sont celles qui sont les plus délaissées par les professeurs chevronnés, c'est-à-dire les coins "chauds" comme Créteil ! Il est tout à fait compréhensible de vouloir finir sa carrière dans une ile paradisiaque, mais si cela met en péril l’avenir professionnel des générations suivantes, le principe même de la liberté n’est-il pas atteint ? La liberté n’est-elle plus la possibilité de faire tout ce qui n’est pas contraire à la loi et qui ne nuit pas à autrui ??

Un ex-futur professeur ?

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :