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Débaptiser les rues négrières ?

En France, l’association DiversCité dénonce la présence, dans de nombreux ports ayant pratiqué la traite négrière, de rues célébrant la mémoire d’armateurs esclavagistes. Elle appelle à les débaptiser.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 28 septembre 2009 à 15H28

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Votée en 2001, la loi Taubira reconnaît l’esclavage comme "crime contre l’humanité". Sur cette base, l’association Divers City a décidé de lancer le 23 août dernier, journée internationale du souvenir de l’esclavage une pétition pour "lancer un véritable débat et réveiller les mémoires". L’objectif est de faire prendre conscience du poids de l’esclavage dans les ports de Bordeaux, Nantes, Le Havre et La Rochelle où on y compte s respectivement 24, 11, 6 et 6 rues à la gloire de la traite négrière et des négriers.

Les réactions ont été diverses. A Bordeaux, le maire Alain Juppé (UMP) ne mâche pas ses mots : "Tout cela est absurde. Quand s’arrêtera la repentance ?", a-t-il déclaré. Le maire de La Rochelle, Maxime Bono (PS) n’aime pas l’idée de "remuer le passé". Jean-Marc Ayrault (PS) à Nantes est prêt lui à ajouter des plaques explicatives sous les noms de rue. Ce dernier défend l’idée de la création d’un mémorial de l’esclavage dans sa ville.

"On constate que les réactions dépendent du bord politique, note le président de l’association DiversCity, les maires de gauche sont beaucoup plus ouverts à nous écouter que ceux de droite".
Pour l’association "à Bordeaux, la bourgeoisie descendante de l’époque de la traite pèse encore. La position d’Alain Juppé est en effet très ambigüe. En mai, il inaugurait une exposition permanente sur l’esclavage au musée d’Aquitaine. Mais n’est pas d’accord pour rebaptiser les rues portant le nom d’un négociant de la Traite".

Pierre Boiteau

 

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