ARAST : le voile se déchire !
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Un véritable coup tordu !
Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier ce qui se passe à l’ARAST. Un coup tordu contre les salariés, bien sûr, mais également contre cette structure et les bénéficiaires de ses prestations, et en définitive contre le social.
Tout indique en effet qu’il s’agit d’une mise à mort organisée, orchestrée, programmée.
Les déclarations faites, par des élus comme par des administratifs du conseil général ne laissent aucun doute à ce sujet. "Ils ont expliqué, rapporte la presse, qu’ils ne voulaient plus du modèle associatif après la déconfiture de l’ARFUTS, de Saint-Jean-de-Dieu, de l’ARAST". "La loi 1901, disent-ils, nous empêche de siéger au conseil d’administration. On finance l’association, mais on n’a pas prise sur ces orientations". Et pour conclure, "pour assurer la viabilité de l’ARAST sur les dix prochaines années, dit Bachil Valy, il faudrait mettre 50 millions" donc "la liquidation est (…) inévitable". La messe est dite. Avant même que le tribunal n’ait eu à se prononcer (1).
Un rappel des faits est nécessaire.
L’ARFUTS ? Créée par Michel Debré en 1962, présidée par le préfet ou son représentant. Puis par le président du Conseil général ou son représentant. Pareil pour Saint Jean-de-Dieu. Cela a été la déconfiture dans les deux cas. Alors ?... « Irresponsabilité », « incompétence » comme dirait la présidente ?
Sur ces cendres fumantes arrive l’ARAST, avec un président et un conseil d’administration de… bénévoles !
Leur mérite a été d’avoir, dès 2004, appliqué des dispositions conventionnelles (existant depuis 2002) aux salariés de l’ARAST ; ce qui a permis d’abord d’augmenter les salaires : un peu plus de 1,1 millions d’euros par an pour 1 200 salariés ; soit une moyenne de l’ordre de 1 000€ par an par salarié, moins de 100€ en moyenne par mois. Est-ce le Pérou ?
Puis de rembourser aux personnels leurs frais de déplacement selon le barème établi. Quoi de plus normal ? Les conseillers généraux – ils ne sont pas les seuls– sont remboursés de leurs frais de déplacement. Lorsqu’ils viennent en séance ou vont représenter le conseil à l’extérieur (2). Pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas également à ce personnel ?
Et enfin, la participation à la prévoyance – comme cela se passe d’ailleurs dans des entreprises du privé.
L’ensemble de ces dispositions "coûte" un peu plus de 2,8 millions d’euros par an… ce qui, curieusement, représente 60% des 50 millions à mettre au pot sur dix ans annoncés par Bachil Valy.
Octobre 2008 le conseil général décide unilatéralement et brutalement de payer les prestations de l’APA en dessous de son coût réel : 17,19€ au lieu de 19,88€ (plus de deux euros de moins). Parallèlement, l’aide ménagère passe de 18,20€ à 16€/h. Plus de deux euros de moins.
Deux euros, cela n’a l’air de rien, mais sur un million d’heures travaillées, cela représente 2 millions de recette en moins. Là encore, curieusement, cela fait, sur dix ans, les 40 % de différence sur les 50 millions annoncés par Bachil Valy.
Ainsi, le tour est joué. "Quand on veut noyer son chien, dit-on, on l’accuse de rage". Ici, on fait mieux, pour s’assurer qu’il va bien couler, on lui attache au cou un boulet… de 50 millions de "déficit" sur dix ans !!
Le Conseil général voulait il là "punir" ces bénévoles d’avoir simplement respecté ces dispositions conventionnelles appliquées dans toute la France ?
Sinon, pourquoi cette décision ?
S’agissant d’un accord de branche applicable au plan national, le département considère-t-il que l’agent réunionnais "vaut" moins que l’agent "de France" ?
S’agissant des tarifs de l’aide ménagère payée en France à 18,20€ et 16 seulement à la Réunion, le conseil général considère-t-il qu’un gramoune réunionnais vaut 2,20€ de moins que le "senior" "de France" ? Curieuse conception de l’égalité !
Tout cela conduit à s’interroger sur les buts poursuivis par le Conseil général.
Faire place nette à un nouveau "repreneur" ou une nouvelle structure ? A un "zorro" qui arriverait, reprendrait la partie restante du personnel, sur un nouveau contrat, avec des salaires et une protection minorés… Pour "sauver" les emplois restants et ne pas "abandonner" les bénéficiaires des prestations…Parce que "le social est notre cœur de métier".
Est-ce là le but de l’opération ?
Et qui serait ce "zorro" débarquant pour sauver la veuve et l’orphelin ? Celui qui "réfléchit à une réforme globale du fonctionnement (de sa municipalité) comme celle d’une entreprise" ? Ou un autre encore ?
La question est de savoir si le tribunal qui aura à statuer sur cette affaire lundi fera droit à cette bien curieuse conception-là du "social" ? En fait, à ce plan de désocialisation !
L’avenir le dira, mais les choses ne sauraient s’arrêter là. D’autant qu’à travers l’ARAST, c’est l’ensemble du mouvement associatif qui est concerné.
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[if !supportFootnotes][1][endif] Soyons clair, il ne s’agit pas ici de défendre une direction ou un conseil d’administration, mais de défendre un outil, des salariés et au fond une conception du social. On a dit ici et là qu’il y aurait eu mauvaise gestion, voire gabegie, si cela était, personne ne comprendrait que plainte ne soit pas déposée, « Sachant qu’il s’agit deniers publics… » comme dirait Bachill Valy
[if !supportFootnotes][2][endif] - Il y a même les « frais de déplacement » lorsque les élus se rendent hors de
Georges-Marie Lépinay


