Quels desseins de la psychiatrie dans le rapport Couty ?
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Le nouveau dispositif sur la santé mentale que propose le rapport Couty, ancien directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS), semble faire l’unanimité contre lui en Métropole, dans ces quelques 26 recommandations. Pour moi, le contour de ce rapport manifeste d’énormes pressentiments, surtout sur sa politique de secteur, qui se prédispose à un démantèlement dans le secteur extra-hospitalier.
Cette politique me semble l’aune directe avec la Loi Hôpital Patients Santé et Territoire (HPST), faire de la rentabilité. A travers cette refonte de notre système de santé de psychiatrie, il y a des risques de faire exploser toute l’organisation spécifique de ce grand service public, que nous sommes tous défenseurs. Bien que Mme Bachelot, souhaite qu’une large réflexion en profondeur soit menée par tous les acteurs concernés.
A la Réunion, c’est le silence complet. Il faut préparer cette Loi dans une concertation la plus vaste possible dit-elle. Mais, est-ce que le personnel de base sera écouté et entendu ? Car dans ce rapport, on parle aussi des infirmiers psychiatriques, une "espèce" devenue très rare à Saint-Paul. Et depuis 1992 le corps est en extinction, le rapport fait apparaitre dans son constat une pénurie de soignants spécialisés en psychiatrie avec une perspective d’accentuation compte tenu de la pyramide des âges de ces infirmiers.
A-t-on anticipé sur cette réalité ? A vrai dire très peu, bien qu’était prévu une formation d’adaptation à ces postes d’infirmiers dans le plan de santé mentale grâce à l’aide d’un Tutorat. Ce concept n’a pas cheminé comme prévu, peut-être en raison d’une valorisation qui est restée absente ? Ce dispositif qui reste très intéressant, qui vise à une meilleure adaptation des nouveaux infirmiers, doit être plus soutenu et reconnu car se sera les patients qui seront les grands bénéficiaires. Je pense que cet outil de Tutorat, doit être approfondi de nouveau, en raison de la transmission d’un savoir faire et d’un encadrement de proximité proposé par des pairs expérimentés, qui risque de disparaitre sous peu, si rien n’est fait. Il faut à tout prix que ces compétences en santé mentale s’adaptent sur la base d’une transmission, notamment intergénérationnelle (savoirs et des pratiques) afin de faciliter la prise des postes aux nouveaux infirmiers.
Quoi qu’il en soit, je souhaite que la Directrice de l’ARH, accentue de nouveau, ce développement de Tutorat, car les derniers "espèces d’infirmiers diplômés en psychiatriques" sont en voie de disparition. D’ici dix ans, leurs compétences, leurs savoirs faire etc…vont disparaitre au moment de leur départ en retraite (un particularisme riche dans la culture réunionnaise). Ce n’est pas une mission impossible, madame la Directrice, cette continuité de projet, mérite toute votre attention. Il génère des exigences en terme de moyen budgétaire mais des attentes fortes, de la part des Tutorés, et surtout pour la poursuite d’un soin de qualité.
Mais, est-ce trop tard pour cette reconnaissance du métier d’infirmier psychiatrique qu’exercent encore actuellement ces professionnels expérimentés de 25 à plus 30 ans ? Il est vrai aussi que dans ce rapport Couty, on préconise la création d’un diplôme d’infirmier spécialisé en psychiatrie dans le cadre de la réforme LMD. Mais moi je pense davantage dans une nouvelle dynamique d’un Tutorat en psychiatrie. Rien ne vaut le partage des expériences de terrain, qui peut être le cœur d’une grande réflexion sur la psychiatrie de demain.
Jean Claude COMORASSAMY.
EPSMR


