Thierry Robert: "La veillée mortuaire inscrite dans la tradition créole"
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La veillée mortuaire inscrite dans la tradition créole et relevant à La Réunion de la liberté de culte et du sacré, qui permet aux familles de se retrouver, de se recueillir et de porter les soins à l’être cher perdu, fait l’objet avec ce projet de loi d’une insupportable atteinte contre laquelle je m’insurge avec fermeté.
C’est une offense aux Réunionnais et à notre patrimoine culturel et cultuel à laquelle se livre l’État.
Une contrariété injustifiée, sinon par une volonté inadmissible de marchandiser le deuil des familles en les obligeant à avoir recours à des complications dans un moment par nature difficile, contre lesquelles nous devons nous mobiliser sans délai.
François Hollande et le Parti socialiste avaient promis que " le changement c’était maintenant", pour maintenant systématiquement interdire et empêcher !
Interdire et empêcher : restrictions dans l’accès à la mer qui nous entoure.
Interdire et empêcher : restrictions contre nos traditions dans l’accès et la mise en valeur du cœur de notre l’île avec un cadre réglementaire écrasant pour les familles qui vivent de et dans la zone d’exclusion du parc national.
Interdire et empêcher encore avec la remise en cause régulière et abusive d’autres traditions réunionnaises relevant de rites transmis par nos anciens et qui font notre vivre ensemble et notre patrimoine local (rituels religieux, batailles coqs, pêche traditionnelle etc.).
Et maintenant que veulent-ils ? Park nout deuil, park nout morts ?
Avec ce projet de loi déjà fortement décrié par les professionnels de santé, sans concertation préalable, sans mesurer l’impact sur les finances des collectivités déjà fragilisées qui ne pourront pas mettre en place les services funéraires tels que la loi pourrait nous y contraindre, La Ministre de la Santé s’égare sur le terrain du sacré qui touche le cœur de dizaines de milliers de familles réunionnaises.
Pour ma part, je prends l’initiative d’interpeller en urgence le Président de la République et le Premier ministre et userai de tous les moyens législatifs à la disposition d’un député pour que l’affront fait à notre tradition, à nos valeurs et la commémoration de nos défunts ne s’ajoute pas à la longue liste des atteintes à notre dignité réunionnaise.


