La pointe du diable

Femmes publiques de la Pointe du Diable. Qu’on me jette la pierre. Elles subissent dans des conditions déplorables leur travail. Le tapin comme au temps de la Cour des Miracles. La seule différence est le 4/4 et la BM en plus pour la clientèle. À part ça c’est le moyen-âge. Des femelles que l’on gestapote dans l’indifférence gouvernementale.
Je me souviens de l’effet Sarko ministre de l’intérieur. Qu’en reste-il ? Sa répression policière est un fiasco. C’est la preuve de l’inefficacité de sa politique. Échec et mat. Hier comme aujourd’hui ces filles sont encore en danger. Abandonnées aux chiens.
La profession est reconnue depuis longtemps par l’état. Elles payent la patente du droit d’exercer. Elles sont taxées pour ça. Rouvrons les Maisons Closes.
Le sommet de l’ignominie est atteint quand dans la nuit deux prostituées furent kidnappées, enfermées dans le coffre d’une voiture. Séquestration, violences et viols collectifs s’en suivirent. Fadela Amara est au courant de la situation sinon à quoi servirait-elle d’être ministre. Peut-être ne dose-t-elle pas l’ampleur du désastre quand le roi de la communication Jean-Louis Borloo nous rabâche que la Réunion a un siècle d’avance. Fadela aurait-elle des œillères ?
- Allo ! M’entendez-vous ? Sihem Habchi. La présidente de "Ni putes ni soumises".
Des professionnelles patentées montrées du doigt, exposées au danger qui rôde de jour comme de nuit. Fugitives elles triment dans l’ombre pour être moins repérables.
Siège pliant et parasol. Camouflées derrière des arbustes. Sans hygiène ni protection. C’est une atteinte à la dignité humaine. Accrochées au portable pour l’apparence. Il y a non-assistance à personnes en danger sur le lieu de travail. De quoi porter plainte aux Prudhommes.
Pourquoi le pays des droits de l’Homme laisse la Femme en pâture à la merci des charognards.
Verra-t-on un jour les autorités locales prendre le dossier à bras le corps pour que ces femmes travaillent dans de bonnes conditions en toute sécurité dans des logements salubres et confortables.
L’argent, les capitaux sont là. Il ne manque que le courage politique pour prendre les bonnes décisions. Le courage devant une situation difficile à affronter sous le regard oblique de l’opinion publique, c’est le fond qui manque le plus.
Gilles Bayet de la Ravine Blanche.


