Le rince-doigts ne fait pas les mains propres.

Nous n’avons pas les mêmes valeurs. Sans égard, la phrase de snobinard balancée en pleine figure du pauvre, de l’humble affaibli en face du puissant en argent. Des mots crachés à la gueule du bougre placé au plus bas de l’échelle sociale dans l’intention de rabaisser le gueux. D’humilier celui qui n’a pas eu la chance de voir le jour dans la soie et fils dorés. Mépriser celui qui ne décrochera jamais la timbale. Qui a perdu l’espoir des jours meilleurs. Il se demande si demain sera pire encore.
Nous n’avons pas les mêmes valeurs ! Au salon du manoir, affalée dans le fauteuil en cuir fin comme le chagrin, le sourire dissimulé derrière la flûte de champagne, c’est la pique préférée de mon ancienne concubine châtelaine riche à millions, héritière parvenue. Inculte, folle et acariâtre. Heureusement stérile. Le destin m’a évité le pire.
Au nom de ceux qui triment, qui rament et tirent la galère, qui r’tournent le steak sur la paille. Je renvoie cette analyse à son expéditeur et à la première Dame de France.
Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres. Je sais depuis déjà que la vraie qualité est dans la simplicité sans faire de manières. On peut être riche et sans prétentions aussi. Elle est là la distinction, la classe.
Zoom arrière. Cette histoire est une histoire qui ne pousse pas la belle vers le haut. Dis-moi qui tu fréquentes je te dirais qui tu es. C’est le roman feuilleton de "Je ne suis pas celle que vous croyez". De par mon statut vous faites tout, rien que pour m’embêter. Vous troublez ma quiétude de princesse dans mon pays aux merveilles. Mon somptueux palais, mon Élysée à moi. N’entachez pas mon honneur !
Le dessin de nu ornant la face extérieure du fourre-tout de la marque Pardon. Hop interdiction ! L’effigie de la poupée en tissu de Monsieur Chouchou. Itou ! Uni dans le meilleur de la suprématie. Au sein du couple présidentiel c’est chacun sa plainte portée à la justice. Égalité. Match nul.
Pour marquer le coup, l’élégante beauté offre une montre d’une valeur de 40.000 euros à l’occasion de l’anniversaire de son chéri, cet acte de bonne intention est vulgaire. À tout prendre pour ne rien laisser je ne vois pas choquant le regard de sa dulcinée ondulant sur le sac à main. La Reine en pince pour le Prince et sa cour.
Ça tire la République vers le bas, ça ! Ça c’est du lourd.
Gilles Bayet de la Ravine Blanche.


