Mon facteur est écolo, poil au dos !
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Après le bug commis par La Poste qui refusait de distribuer un document du CG incitant les gens à apposer un Stop pub sur leur boîte aux lettres (c’est une boîte privée concurrente qui a sous-traité le marché), le service encore public s’est fendue d’une pub avec, au verso, un manifeste pour la publicité en boîte aux lettres. Impayable !
Ce panégyrique à la PNA, qui vaut son pesant de papier, se découpe en quatre paragraphes sur les bienfaits d’une telle stratégie de com. et un paragraphe sur le Stop Pub.
"Le papier ne détruit pas les forêts" nous explique, je le suppose, le facteur en chef. Augmentation de 50.000 ha de forêts en France, 60% de produits recyclés dans la fabrication, papier recyclable jusqu’à cinq fois. Sauf que, planter des arbres à tire-larigot ça a quand même quelques inconvénients. Encore faut-il replanter les espèces d’origine et non des espèces "utiles" à l’industrie du papier ou du bois. On a planté des pins dans le Sud de la France pour fabriquer des bateaux, dans les Landes pour le papier, des tamarins droits à Bébourg pour les meubles, du cryptomeria un peu partout où on pouvait pour divers usages. C’était avant me direz-vous. Mais aujourd’hui, "en métropole, plus de 200 espèces forestières sont menacées de disparition ou fortement fragilisées. Une situation préoccupante qui s’explique par l’application obstinée d’un modèle de gestion ayant tendance à uniformiser les milieux au détriment de la variété faunistique et floristique. L’Indonésie annonce, juste avant la conférence de Bali, la plantation de 79 millions d’arbres de seulement deux espèces (l’eucalyptus et le teck) alors que, pendant la même journée, dans le même pays, ce sont près de 7 000 hectares de forêts naturelles qui disparaissent". Sous les tropiques c’est le top, 250.000 ha disparaissent chaque semaine, pour les besoins de l’homme.
"Les imprimés publicitaires ne sont pas pollueurs" puisqu’on le recycle mon coco et les imprimeurs financent la filière avec Eco Folio. Sauf que pour le désencrage on utilise le chlore, un blanchissant très polluant pour les rivières.
"Les imprimés publicitaires ne sont pas du papier gaspillé", puisqu’on les recycle, que ça crée des emplois, c’est important pour la com. en temps de crise, ça améliore la vie quotidienne en informant le consommateur. Facilitateurs dans la comparaison des prix, un vrai produit miracle. Sauf que "victime de son succès le tri des papiers/cartons met en péril la filière. Ainsi, le taux d'utilisation des papiers et cartons récupérés dans la production globale des papiers et cartons n'a pas cessé d'augmenter et atteignait 58,2% en 2002. En 2004, la production nationale a été excédentaire et près de 500.000 tonnes de pâte à papier issue du recyclage n'ont pas trouvé preneur en France. En 2005 l'Union européenne devait trouver des acquéreurs pour plus de 5.000.000 tonnes de PCR".
"Le recyclage du papier est propre", hors utilisation de chlore toutefois ! Et il nous est précisé que "cela contribue à la diminution des rejets de CO2". Sauf que le bénéfice en termes de stockage de C02 d’une plantation d’arbres peut-être discutable. "Par exemple, en zone tempérée, une prairie stocke environ 10 GtC/ha (giga tonne de carbone par hectare) dans la biomasse aérienne mais surtout 290 GtC/ha dans le sol soit un total d’environ 300 GtC/ha alors qu’une forêt ne stocke qu’environ 150 GtC/ha (50 GtC/ha dans la biomasse aérienne et 100 GtC/ha dans le sol). Les pins du Mexique plantés dans les Andes ont appauvri et desséché le sol. Les pertes en matière organique n’ont pas pu être compensées par les aiguilles de pins car les micro-organismes capables de les dégrader n’existent pas dans ce nouvel écosystème. Au final, la quantité de carbone relâchée par le sol est supérieure à celle stockée par les arbres !"
Je vous passe le paragraphe expliquant que le papier est le matériau le mieux recyclé, ce qui est effectivement le cas. Par contre le dernier paragraphe sur le Stop Pub est excellent. Tout le monde est pour, sauf la poste, bien entendu, qui a refusé de distribuer l’info du CG sur son utilité. Le meilleur est dans la dernière phrase : "Si vous aviez un Stop Pub sur votre boîte aux lettres, vous n’auriez pas donc pas reçu cette information". Cela fait au moins cinq ans que j’ai un gros autocollant rouge avec écrit en blanc "Pas de pub S. V. P." et je l’ai quand même reçu ! À moins qu’il faut absolument marquer Stop Pub !
En conclusion - croyez bien que je suis désolé de vous avoir gavé de chiffres - la méthode la moins polluante consiste en tout état de cause à produire le moins de déchets possibles (recyclables ou non). Le déchet produit doit être traité d’une manière ou d’une autre, et même si l’éco-bilan est bon pour le recyclage du papier, s’il y en avait moins à traiter ce serait encore mieux. Sans compter mon aversion naturelle pour la pub, car si nul n’a besoin de ce qu’il ignore, la pub nous pousse à consommer toujours plus.
Claude POTHIN
Sources : Une tribune de Sylvain Angerand des Amis de la Terre publiée dans Libé, Wikipédia, un article de F. Laby de Actu-Environnement.com, et bien sûr La Poste.


