Réforme du budget des CCI: "On perdrait 1,4 million d'euros"

L'inspection général des finances (IGF), des affaires sociales (Igas) et du Conseil général de l'économie (CGEIET) recommandent dans un rapport la réduction du budget des CCI d'un tiers d'ici 2017, soit au total 400 millions d'euros. Ils reprochent aux CCI une mauvaise gestion et une "situation financière confortable".
Autre changement prévu: la réduction du nombre de CCI à une seule par région. Pour Ibrahim Patel, président de la CCIR, "le rapport note qu'il faudrait réduire le nombre de chambres de 162 à 27 (22 en métropole et 5 dans les Dom). Heureusement que La Réunion n'est pas concernée, mais vous imaginez le nombre d'emplois qui seraient perdus? Où mettre tout ce monde?"
Les CCI ont donc envoyé une lettre au Premier ministre, Manuel Valls, pour évoquer le risque de "casse sans précédent" et annoncer qu'une telle mesure mettrait 6.000 emplois en péril.
D'autant que, pour Ibrahim Patel, ce rapport intervient dans un contexte déjà compliquée pour la CCIR: "La Réunion est concernée par la réduction de 100 millions d'euros votée en décembre 2013, et par la réforme de la taxe d'apprentissage qui correspond à la disparition de 2,25 millions d'euros, soit 500 apprentis et 40 formateurs permanents en moins en 2015".
"On peut compter 6.000 emplois en moins"
A ces réformes déjà votées, Ibrahim Patel explique que la rapport ajoute une baisse de 11% de la taxe pour frais de Chambre (que versent les entreprises aux CCI et CMA (chambres de métiers)), correspondant à 1,4 million d'euros pour la Réunion en 2015. Cas plus extrême: la suppression de la taxe entraînerait une perte pour les Chambres de 8 millions d'euros à La Réunion. "Au niveau national, on peut compter 6.000 emplois en moins avec la première option et une disparition de 50% du personnel, soit 15.000 emplois, avec la deuxième". Cette taxe, rappelle-t-il, n'est que de 200 à 300 euros pour certaines entreprises...
L’État propose une fusion entre les CCI et Chambres des métiers, qui est "l'option préférée par Jean-Marc Ayrault et la plus raisonnable", ou bien une fusion entre les CCI/CMA et les Régions ou encore la suppression totales de CCI et CMA. Selon le président de la CCIR, il aurait été plus logique de faire du cas par cas plutôt que de vouloir prendre des décisions si extrêmes.
Pour le moment, rien n'est encore bouleversé, selon lui: "Il faut attendre 2015 quand le gouvernement tranchera, en espérant qu'il prenne la bonne décision".


