Finances plombées du GHER: La CGTR veut connaître le ou les responsables

La mise en place de la direction commune décidée par l'ARS après les mauvais résultats financiers du GHER - un déficit de 7 millions d'euros pour 2012 et de près de 9 millions d'euros pour l'exercice 2013 selon la CGTR - s'est accélérée avec la rencontre, hier soir, entre le directeur du CHU de la Réunion, David Gruson, et les syndicats et représentants du personnel.
C'est que la direction commune entre CHU et actuelle direction du GHER doit être mise en place au 1er janvier 2014. Pourtant, la rencontre qui s'est déroulée dans un bon climat, de l'aveu de la CGTR, n'a pas permis d'effacer tous les doutes qui entourent cette future direction collégiale.
"Nous avons eu une rencontre avec M. Gruson du CHU, hier soir à 17h30. Nous l'avons rencontré ici à Saint-Benoît pendant une heure. Une prise de contact avec les représentants du personnel. Il a abordé la directive du ministère d'avoir une direction commune GHER/CHU. Il nous a expliqué qu'il voulait aider aux négociations sur les emprunts contractés (responsables pour une bonne partie des problèmes de déficit du GHER) par l'établissement. Il nous a également parlé du travail de partenariat et de complémentarité entre les deux établissements (CHU et GHER ndlr)", explique Eric Guezello, du syndicat CGTR GHER.
Mais les syndicalistes restent très méfiants. "Pour le moment cela reste des paroles, mais il faut que les choses soient clairement écrites", poursuit Michèle Christophe de la CGTR. C'est que le syndicat craint, à terme, une absorption du GHER par le CHU avec toutes les conséquences qui en découleraient. Transfert d'activité, de salariés, fermeture de service… au détriment des patients du bassin Est.
"Pour le moment il nous a dit que les deux établissements resteront distincts l'un de l'autre (…). Mais la décision d'une direction commune nous laisse présager que ce soit uniquement une étape intermédiaire à une fusion avec le CHU", ajoute Jean-Hugues Ajagama, secrétaire général CGTR GHER.
L'organisation du GHER est inexistante voire "bordélique"
La situation du GHER découle, selon les syndicats, des emprunts toxiques fait par le GHER pour supporter le coût de construction de l'établissement. Une construction estimée à plus de 110 millions d'euros. "La Chambre régionale des comptes avait épinglé le GHER dans un rapport sur la grande partie des prêts contractés par le GHER, des prêts toxiques. La renégociation des taux variables à des taux fixes (de 2,7% à 6%) avait couté 10 millions d'euros de pénalité et allongé la durée de l'amortissement sur 40 ans", précise-t-il.
Se pose la question du feu vert de cette renégociation. "Qui a donné son aval ? Le GHER, l'ARS ou le ministère ?", s'interroge la CGTR. Résultat, le déficit du GHER devrait encore s'aggraver pour l'exercice 2013, malgré la nomination d'un directeur général adjoint depuis avril 2013. "La renégociation a été préjudiciable à l'établissement. Qui est responsable de cette situation ? La CRC a souligné l'irrégularité dans la renégociation d'emprunt. Quel avenir et devenir pour le GHER, pour les salariés, mais également pour assurer la qualité de soin ?", continue Jean-Hugues Ajagama.
La CGTR veut désormais interroger officiellement l'ARS et le président du Conseil de surveillance de l'établissement, Jean-Claude Fruteau. "On attend des écrits et des documents pour avoir une idée plus précise situation", ajoute-t-il.
Pour la CGTR, aujourd'hui l'organisation du GHER est inexistante voire "bordélique" et le syndicat réclame désormais la totale "transparence" sur la situation de l'hôpital, mais également sur les recrutements opérés au sein de l'établissement. "On veut connaître le niveau de concours, les compétences et les diplômes. On demande de la transparence à tout niveau", explique Jean-Hugues Ajagama.
"Nous demandons aux salariés de nous rejoindre, on les soutiendra contre cette dictature. Nous ne sommes pas les béni oui oui de la direction. On défendra les intérêts des salariés", conclut-il.


