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Etang-Salé: "Ils n'auront pas notre terrain comme ça !"

Les héritiers Fontaine ne veulent pas se laisser avoir. Ils livrent une énième lutte contre la mairie de l'Etang-Salé et son aménageur, la SODEGIS, pour faire valoir leur droit à bâtir sur leur terrain familial de 17.200 m2.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 16 août 2013 à 17H11

Dur de lutter contre une déclaration d'utilité publique ? Les huit frères et soeurs de la famille Fontaine de l'Etang-Salé l'apprennent chaque jour un peu plus à leur dépend. En 2004, la mairie déclare l'intérêt public du secteur la Butte Citronnelle - Pied des Roches et Ravine Sheunon, qui englobe les parcelles de leur héritage foncier. L'objectif de la collectivité étant de mener à bien son opération d'aménagement (EHPAD, etc…) et de RHI (résorption de l'habitat insalubre) sur ce secteur qui longe quasiment l'artère principale du centre-ville : la rue Raymond Barre.

Si l'opération de la force publique a de quoi séduire sur le papier, elle prive une famille, des anciens aux petits-enfants, d'un bien de fond qui vaut de l'or. "La SODEGIS nous a proposé une compensation à hauteur du prix des Domaines, soit 50 euros", résume, dépité, Jean-Jacques Fontaine. La dernière proposition en date monte désormais à "180 euros le mètre carré", déclare de son côté la responsable administrative de l'opération du côté de la SODEGIS. Une proposition qui n'est pas arrivée à l'ensemble des héritiers selon Mickaëlle Fontaine, une héritière. 180 euros : un montant qui pourrait faire baisser les armes à certains, mais la famille Fontaine n'en démord pas. "Dans le coin, nous pourrions trouver acquéreur pour 400 euros", ajoute Jean-Jacques Fontaine. "Nous avons voulu déposer notre demande auprès du service urbanisme pour bâtir, mais à chaque fois, elle nous est refusée", explique-t-il.  

Mickaëlle Fontaine, sa soeur, parle d'un "passage en force", à l'encontre d'une famille dont certains enfants vivent en appartements en métropole. "C'est un bien que nos enfants attendent. Ils sont prêts à bâtir sur le terrain familial. On l'a fait savoir à la mairie et à la SODEGIS", confie-t-elle. Un exemple d'expropriation comme il y en a tant…

"Expropriation", c'est justement un terme que la famille rejette. "Cette DUP a été prise sans qu'on en soit informé", déplorent-ils. Une décision prise par le conseil municipal à l'époque et qui a pu échapper aux principaux concernés. Au-delà de ce défaut d'information, la famille n'accepte pas la plus-value que les nouveaux acquéreurs comptent réaliser, à leur détriment.

"Je sais qu'ils sont en colère", concède la responsable de la SODEGIS, qui fait preuve d'empathie. "N'importe qui, à leur place, ferait de même", ajoute-t-elle. "L'opération a été expliquée depuis 2004. Je n'étais pas présente au début du dossier, mais ça fait trois ans que je les reçoit. Notre intérêt n'est pas d'être en conflit avec eux", insiste-t-elle.

"La SODEGIS nous propose d'acheter notre propre terrain !"

L'autre incohérence qui ne passe pas du côté des frères et soeurs Fontaine concerne l'enquête parcellaire qui s'est déroulée du 17 juin au 3 juillet 2013. Elle n'a, à cette heure, pas été rendue publique. Elle devrait l'être "la semaine prochaine, en provenance de la Préfecture", confirme la SODEGIS. Car voilà, en bordure de leur vaste terrain, les héritiers ont eu la désagréable surprise de constater ce qu'ils continuent d'interpréter comme deux exemples de passage en force. Cela commence d'abord par ce panneau réglementaire de chantier, planté en bordure de leur terrain, puis dans la tentative d'installation d'une trentaine de bornes électriques le long de leur bien. "C'était au mois de mai, se souvient Jean-Jacques, encore remonté. Ils agissent comme si le terrain était déjà à eux".

Si la pose d'un panneau (voir la photo) est confirmée par la société d'aménagement, il ne concerne que les travaux d'enfouissement de réseaux, tempère la responsable, mais en aucun cas la construction du terrain. Toujours est-il que ces travaux préparatoires de voirie annoncent indirectement ceux attendus dans un second temps. Et de plus grande ampleur.

La SODEGIS appuie sa bonne volonté en rappelant l'effort qu'elle a consenti en proposant aux héritiers de racheter une partie du terrain viabilisé aux frais de l'aménageur. Une sorte de deal. Là encore, Jean-Jacques Fontaine explose de consternation. "Ils nous proposent d'acheter notre propre terrain !", constate-t-il. Mickaëlle, Jean-Jacques et leurs autres frères et soeurs promettent de rester inflexibles. "Ils n'auront pas notre terrain comme ça !", enfonce Jean-Jacques Fontaine.

Les conclusions du commissaire enquêteur, attendues de tous les protagonistes dans quelques jours, livrera les ultimes obstacles s'opposant au projet. Un rapport d'enquête que les héritiers ont largement investi de leurs remarques. "C'est la seule famille qui a posé problème", fait remarquer la SODEGIS. Affaire à suivre.

 

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