3 mois ferme pour avoir voulu immoler son épouse

Après un premier renvoi le 3 janvier dernier, un homme comparaissait cet après-midi pour avoir tenté d'immoler sa femme le 31 décembre 2018. Alors qu'il aurait dû fêter son premier anniversaire de mariage hier, le prévenu, placé en détention provisoire, devait répondre de menaces de mort et violence avec arme, en l'occurence de l'essence.
Ils se sont rencontrés il y a un an et demi et se sont mariés au bout de six mois. Elle est infirmière libérale et lui, ancien militaire de carrière. Le soir du 31, un différend concernant le réveillon les oppose. Elle a décidé de diner chez ses parents avec son fils, avec qui le prévenu ne s'entend pas, ce qui implique qu'il va devoir rester seul.
Souffrant d'un Syndrome de Stress Post Traumatique (SSPT) dû aux conflits auxquels il a participé, il a tendance, selon les dires de ses proches à "péter facilement les plombs". Ce soir là, ne supportant pas de se voir abandonné par son épouse au profit de son fils, il craque. Au cours de la dispute, il asperge sa femme d'essence et menace de l'enflammer avec un briquet. "Il tenait le briquet éteint au niveau de mon visage. C'est quelqu'un d'extrêmement jaloux", déclare t-elle au cours de la procédure.
Je ne veux pas l'accabler, je veux juste qu'il s'en sorte
"Il m'a écrit de la prison pour demander pardon. Je lui ai répondu. Je ne veux pas l'accabler, je veux juste qu'il s'en sorte. Il ne voit pas le mal qu'il peut faire, il a cette agressivité sur moi sans qu'il s'en rende compte. Je lui ai demandé plusieurs fois de partir chez ses parents mais il ne l'a pas fait, ça aurait évité tout ça. Le coeur aime toujours mais la tête ne veut plus", affirme l'épouse, émue, au juge lors de son audition à la barre.
L'avocate de la partie civile est très claire, sa cliente n'en veut pas au prévenu, elle veut juste retrouver la paix. La procureure, qui souligne la gravité des faits, et le fondement parfaitement caractérisé des accusations, requiert 1 an de prison dont 9 mois de sursis mise à l'épreuve assorti d'un maintien en détention, d'une obligation de soins et une interdiction d'entrer en contact avec la victime.
La défense met en avant les états de service de son client et de ses nombreuses décorations dont la croix de guerre au titre des blessures lors d'une opération extérieure. Si elle ne conteste pas la nécessité d'une condamnation, elle demande que la peine soit assortie d'un sursis intégral. Après délibération, la cour condamne Mr.R à 1 an de prison dont 9 mois avec sursis, une obligation de soins, une interdiction d'entrer en contact avec la victime mais ne prononce pas de maintien en détention. Le juge d'application des peines aura la charge de statuer sur les trois mois de prison ferme restant.


