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22 pousseurs jugés ensemble en correctionnelle, une première !

Plus d'une vingtaine de "pousseurs" ont été entendus à la barre du tribunal correctionnel hier à Champ-Fleuri. Ils ont été filmés par les gendarmes le 2 avril dernier en train de faire de départs arrêtés sur une portion de routes dans la zone de Cambaie où la vitesse est limitée à 70 km/h. Mais aucun appareil de mesure ne permet d'évaluer la vitesse des véhicules. Les avocats ont plaidé que les preuves n'étaient donc pas rapportées.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 27 août 2010 à 07H44

Vingt deux jeunes gens, insérés socialement pour la plupart, ont été jugés en correctionnelle hier en fin d'après-midi. Ils ont été filmés le vendredi 2 d'avril dernier sur une portion de route de la zone industrielle de Cambaie à Saint-Paul, en pleine nuit par les gendarmes qui disent les avoir surpris en "flagrant délit de mise en danger de la vie d'autrui par risque immédiat de mort ou d’infirmité par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité".

Ces jeunes, âgés de 19 à 39 ans s'étaient donnés rendez-vous comme chaque vendredi soir par bouche-à-oreille dans la zone industrielle de Cambaie. Ils arrivaient de Saint-Paul, du Tampon, de Saint-Pierre, du Piton Saint-Leu, de Sainte-Clotilde et de Sainte-Suzanne... pour "pousser" avec leurs voitures boostées, sur une chaussée où la vitesse est limitée à 70 km/h.

Les militaires n'interviennent pas sur le fait mais les convoquent plus tard alors que le chef d'accusation est la mise en danger d'autrui. Sur la vidéo visionnée par le tribunal lors de la séance, on peut voir des voitures qui prennent des départs arrêtés où certains démarrent plus vite que d'autres, mais aucun appareil de mesure, "qui aurait été plus fiable", relève l'un des avocats Me Vincent Fontaine, ne permet d'évaluer la vitesse de chaque chauffeur, lesquels reconnaissent pour certains être venus "pousser" ce soir là.

A la barre, la plupart d'entre eux ont déclaré "être passé par là par hasard", d'autres diront avoir été "au mauvais endroit au mauvais moment"...

L'un des quatre avocats des prévenus met en doute la "cohérence" de la procédure des gendarmes. S'il y  flagrant délit, en l'occurrence mise en danger de la vie d'autrui, les gendarmes auraient dû dans ce cas intervenir sur le fait. Or, ils filment l'action et l'officier de police judiciaire les convoque plus tard.

En effet, même si il y a une unité de lieu, d'heure et d'action, les infractions ne sont pas toutes similaires. Ce qui fait dire à l'un des avocats de la défense que cette affaire, si le délit est constitué par le tribunal, "doit être traitée au cas par cas", afin de "démontrer que chacun a commis une infraction délibérée entrainant la mise en danger de la vie d'autrui" indique Me Djalil Gangate, avocat de l'un des prévenus.

La représentante du ministère public a requis un stage de citoyenneté avec une participation de 250 euros ou 500 euros d'amende en cas de refus, et deux mois de suspension de permis ainsi que des peines de travaux d'intérêt général.

Le délibéré est fixé au 28 septembre prochain à 8h.

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