Faits-divers

Biologie médicale et proximité des soins: 120 emplois condamnés à La Réunion

A La Réunion, le projet de loi de financement de la sécurité sociale menacerait 120 emplois, explique dans un communiqué, la Plateforme d'Exercice Professionnel (PEP) réunissant les principales organisations et réseaux de biologistes. Voici l'intégralité du communiqué.


Biologie médicale et proximité des soins: 120 emplois condamnés à La Réunion
"Réunis pour la première fois au sein d’une Plateforme d’Exercice Professionnel, les principales organisations et réseaux de biologistes tirent la sonnette d’alarme : le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale entraînera la perte de 120 emplois à court terme dans le secteur de la biologie médicale à La Réunion (8 000 en France). De plus, au-delà des suppressions d’emplois, la fermeture de nombreux sites sera inéluctable et entraînera de nouvelles désertifications des soins et du diagnostic.

Arrêt des télétransmissions des feuilles de soins et fermeture des sites de biologie médicale, deux actions pour être entendus !


Face à cette situation, l’ensemble des membres de la Plateforme d’Exercice Professionnel, qui regroupe 100% de la biologie médicale libérale française, a décidé de lancer 2 actions phares :
  • Un arrêt de la télétransmission des feuilles de soins vers les Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM) durant la semaine du 29 octobre au 4 novembre.
  • Une fermeture de l’ensemble des sites de biologie médicale en France tous les après-midis de la semaine du lundi 5 novembre au vendredi 9 novembre
Ces 2 actions ont été définies et décidées en tenant compte de 2 facteurs. Elles n’impactent pas directement les patients et permettent de faire pression sur l’ensemble des directeurs de Caisse Primaire d’Assurance Maladie afin qu’ils remontent le mécontentement et les volontés de l’ensemble des biologistes médicaux de France auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAMTS), le dialogue étant quasi rompu avec celle-ci.

Pour Cécile Tallet, biologiste et porte-parole de la PEP à La Réunion : “Plus de 70% des diagnostics reposent aujourd’hui sur la biologie médicale et le maillage territorial que représentent les 3 800 structures de proximité de biologie médicale implantées en France. Celles-ci permettent de répondre à la nécessaire qualité et à la permanence des soins. Le PLFSS tel qu’il est conçu actuellement ne tient absolument pas compte de cette nécessaire proximité”.

Augmenter la pression financière sur les structures de biologie médicale libérale, implique non seulement la destruction de milliers d'emplois mais aussi l'obligation, pour des centaines de milliers de patients, de parcourir de nombreux kilomètres pour accéder à un site de biologie médicale et avoir une chance d'être diagnostiqués ou suivis. Selon Jean Rogier, biologiste et co porte-parole de la PEP à La Réunion: “Il s‘agit aujourd’hui de savoir si la logique comptable doit prévaloir sur la qualité et la sécurité des diagnostics et des suivis médicaux. Les jours à venir seront lourds de conséquences pour la santé publique en France. A défaut de dialogue avec les pouvoirs publics, nous espérons que les élus – députés et sénateurs – sauront faire preuve de réalisme et modifier le projet de loi du gouvernement”.
 
*La Plateforme d’Exercice Professionnel (PEP) regroupe tous les syndicats nationaux et régionaux, les réseaux de laboratoires, les syndicats de jeunes biologistes et les associations. L’urgence de la situation économique et l’absence de dialogue constructif avec les tutelles ont poussé l’ensemble de ces acteurs à se regrouper pour faire entendre une vérité commune à tous : la direction économique prise par les pouvoirs publics condamne la biologie médicale française.
 
Biologie médicale, une situation au bord de la rupture…
Depuis 2008, sous l’effet notamment des mesures draconiennes des différentes Lois de finance de la Sécurité sociale (LFSS), les emplois salariés au sein des laboratoires de biologie médicale sont en chute. Aujourd’hui, les chiffres avancés unilatéralement par les représentants de la CNAMTS font craindre de lourdes conséquences. Près de 20% des effectifs du secteur (45 000 actifs équivalent temps plein) seraient menacés voire condamnés à court terme si la situation ne se débloquait pas, avertissent les syndicats nationaux et régionaux, les réseaux de laboratoires, les syndicats de jeunes biologistes et les associations signataires de la PEP.

De fait, la biologie médicale française a dû s’engager à marche forcée vers l’accréditation règlementaire ; l’effort financier demandé a fragilisé les laboratoires qui ont cru en cette réforme. Les ponctionner lourdement aujourd’hui reviendrait à anéantir une profession qui prend soin de 500 000 patients chaque jour.

Pourtant des mesures conjuguant équilibre budgétaire – indispensable en ces temps de crise - et santé publique existent. Les membres de la PEP en proposent plusieurs – contrats quinquennaux avec la CNAMTS via une maîtrise médicalisée des volumes, contrat de prévention avec le Ministère de la Santé… - mais encore faut-il qu’ils soient entendus des pouvoirs publics !"
Jeudi 25 Octobre 2012 - 10:34
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1.Posté par tamarin des hauts le 25/10/2012 11:59
télétransmissions bloqués durant la semaine du 29 octobre au 4 novembre ??? donc manque à ganger pour les laboratoires, ce qui pour être rattrapé, impliquera une surcharge de travail pour les équipes. cette semaine là les salariés chargés de cette tâche seront -ils au chomage technique ?
fermeture des labos les aprés midi pendant une semaine, la question est la même quel sera la position des techniciens de labo: chomage technique ?
ces actions consistent surtout à vouloir influencer les décisions gouvernementales sur la baisse de la nomenclature, tout en prenant les salariés en "otages".
ces employeurs brandissent le "chantage à l'emploi", et menacent le gouvernement de licencier 8000 salariés.
pourtant le rapport de branche, montre que le chiffre d'affaires total de la profession progresse de 2 % entre 2009 et 2010, et ceci malgré la baisse de la nomenclature....
"la plupart des biologistes à la réunion passe plus leur temps à gérer leur patrimoine immobilier qu'a autre chose" j'ai vu écrit çà dans un journal lors de la grève des agents de biosud, un groupe labo dans le sud;;;
c'est ce qui s'appelle pleurer la bouche pleine.

2.Posté par Dr ANONYME le 25/10/2012 16:48
Effectivement, il faut voir là une contre-attaque des propriétaires. Il vaudrait bien mieux licencier non pas les cousettes mais les pharmaciens qui détiennent ces LAM. Pourquoi ? Ils n’ont pas la capacité de donner des diagnostics puisque leur manquent 1-les observations médicales (ils n'ont pas de dossiers), 2-la formation de médecins (mais celle fort différente de pharmaciens), 3-la présence permanente dans leurs établissements (Beaucoup sont absents de leurs locaux la plupart du temps).
Il serait, de loin, préférable que ce soient des médecins qui soient à leur place dans de telles structures, des médecins aptes à fournir des soins, à donner des consultations sur tel ou tel aspect de la pathologie dans laquelle ils sont très spécialisés.

Quant à la proximité, bien entendu qu'elle est nécessaire. Mais la meilleure proximité pour les patients me semble être les cabinets de groupes de généralistes. Ces derniers devraient avoir le droit d'acheter les appareils automatiques pour les bilans les plus simples, de faire les PDS, de les confier à un technicien sur place.

Cela pourrait donner le diagnostic en un quart d'heure au lieu du lendemain. Encore faut-il que l'Assurance Maladie donne l'autorisation de cumuler ces actes avec ceux de la consultation. Cela aboutirait à plus d'économies, à moins d'erreurs d'étiquetages, à un diagnostic immédiat sans l’écran de multiples transmissions et tout de suite sans erreurs.

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